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mis en ligne le : vendredi 25 août 2006

Le Yamaha attaque la référence du scooter GT !

Texte : Julien Metrop | Photos : Mecamix
Yamaha X-Max (MBK Skycruiser), Piaggio x8 125. MBK est une marque du groupe Yamaha et l’on retrouve donc dans les deux gammes des produits équivalents. C’est le cas du X-Max chez Yamaha qui devient Skycruiser chez MBK. Vedette depuis le début d’année 2006, le voilà donc opposé à la référence du segment GT actuel, le Piaggio X8.
Malgré leur appartenance au cercle très fermé des scooters « huppés » du marché, le Piaggio et le MBK n’en sont pas pour autant des concurrents directs. Là où le MBK se la joue « sport attitude » (voir essai individuel), le Piaggio préfère cultiver ses airs « BCBG ». Et avec seulement 300 € d’écart, c’est plus ce décalage de philosophie qui fera la différence.

Question de style

Côté gabarit, les deux GT semblent pourtant relativement comparables. Le Skycruiser est à peine plus long que le X8. Sa ligne se montre néanmoins plus fluide avec des volumes moins imposants et moins aériens. Comme sur le Skyliner, le nouveau MBK opte pour une protection solidaire du guidon contre un pare-brise fixe et un tablier enveloppant sur le Piaggio, du coup un peu plus cossu, mais nettement moins agressif ! Il faut dire que le Skycruiser hérite de nombreux détails qui renforcent son identité sportive, à l’image de ses feux avant et arrière, somptueusement dessinés, de son habillage de poutre central en imitation alu (mais en plastique !) ou de ses bas de caisse très anguleux. Le X8 préfère jouer l’analogie avec l’automobile à grand renfort de baguettes latérales chromées et d’optiques monobloc qui s’étirent sur toute sa largeur. La finition est au-delà de tout soupçon, et même meilleure que sur le MBK qui souffre de quelques ajustements peu harmonieux. On remarque au passage l’écart de taille des roues, 14 (ar.) et 15 pouces (av.) sur le MBK contre 12 et 14 seulement sur le Piaggio. Ce détail n’a l’air de rien, il va pourtant expliquer dans une large mesure la différence de comportement entre les deux engins.

Palace roulant

Passée l’étape de la prise en main, au demeurant très facile au guidon des deux machines, les caractères s’affirment déjà. La position de conduite est d’ailleurs un élément révélateur à ce chapitre. Incliné sur l’arrière avec un guidon bas, légèrement reculé et surtout étroit, le conducteur du X8 jouit d’une position des plus confortables qui rappelle un peu celle d’un « cruiser » grosse cylindrée. Le plancher étiré offre une liberté totale de placement des jambes (pliées ou étendues) pour mieux s’adapter aux trajets. Plus exclusif, le Skycruiser ne laisse guère de choix. Les jambes restent pliées et le buste bien droit avec un guidon large, plus haut et davantage sur l’avant. Pour garder notre parallèle avec la moto, on adopte ici une posture proche de celle d’un roadster. Cette différence de philosophie ne joue pourtant en rien sur le confort général qui reste excellent sur les deux scooters. On peut tout juste reprocher au Skycruiser son énorme poutre centrale qui limite la place pour les pieds ainsi que sa selle un peu large et très ferme sur les longues distances. Malgré une hauteur inférieure à celle du X8, les petits gabarits sont ainsi sanctionnés, les pieds ne se posent pas à plat sur le sol. En termes de confort, le X8 l’emporte logiquement.

Passe-partout

Une fois les moteurs lancés, on remarque d’office que le Piaggio dispose d’un train avant très léger et donc plus incisif. La roue avant de 14 pouces et la répartition des masses sur l’arrière, dû à la position de conduite, y sont pour beaucoup. Le Piaggio brille donc par sa maniabilité et se faufile sans mal dans le trafic. Sur le MBK, les choses sont moins évidentes. Au premier abord, le train avant semble un peu lourd notamment à cause de son énorme jante de 15 pouces, mais malgré tout, le phénomène ne nuit pas à l’agilité qui reste excellente. En effet, les ingénieurs japonais ont tout fait pour abaisser le centre de gravité du GT, à l’image du radiateur, situé derrière la roue avant plutôt que dans le tablier. Ce que le MBK perd en agilité avec sa grande roue, il le regagne donc grâce à son centre de gravité face à un X8 moins bien équilibré, notamment à basse vitesse. Au final, on préfère quand même le Piaggio, plus facile pour un débutant.

Un MBK particulièrement efficace

Dès que le rythme s’accélère, le duel tourne sans hésitation en faveur du Skycruiser. La différence n’est pas flagrante, mais tout de même perceptible. Plus rigoureux, le MBK dispose d’un châssis efficace et rassurant. Les suspensions sont fermes, la tenue de route sans surprise. On s’appuie sur un train avant qui met en confiance par sa stabilité et sa précision sans perdre en agilité (grâce au large guidon). C’est là que l’on mesure pleinement le bénéfice de ces fameuses jantes de grands diamètres qui restent d’ailleurs minoritaires sur les GT 125. Bien que reconnue jusque-là pour ses qualités dynamiques, le Piaggio X8 semble un peu dépassé en conduite soutenue. Ses petites roues le rendent sensible à vive allure et donc moins stable que le MBK. La vivacité de son train avant, qui faisait merveille en ville, se traduit ici par une plus grande difficulté de placement sur la chaussée par manque de précision, notamment sur les changements soudains de direction. Si le freinage se montre aussi mordant que sur le MBK, les leviers sont en revanche un peu plus durs et donc moins faciles à doser.
En termes d’efficacité pure, le X8 est donc détrôné par son nouveau concurrent qui reprend la tête du duel. Répétons toutefois que ces deux engins sont au sommet de la hiérarchie des 125, leur comportement et leur performance sont donc largement au-dessus de la moyenne. Et puis le X8 plaira à coup sûr aux moins pressés grâce à sa protection mieux étudiée, notamment au niveau des jambes qui sont moins exposées que sur le Skycruiser.

L’ancienne génération contre la nouvelle

Bien que le X8 ne soit pas si ancien de conception, le décalage entre les moteurs est déjà perceptible. Il s’agit bien sur de deux blocs 4-temps, 4 soupapes à refroidissement liquide (Piaggio/Leader pour le X8 et Yamaha/Minarelli pour le MBK), autant dire que les performances sont largement à la hauteur. Pourtant le MBK peut se vanter de passer les normes Euro III alors que le Piaggio devra sans doute attendre quelques mois pour cela. Le X8 reste en effet fidèle à un bon vieux carburateur tandis que le Skycruiser hérite d’une injection électronique de dernière génération. Et la différence ne se ressent pas uniquement en termes de propreté puisque le MBK l’emporte aussi question performances, autant en vitesse de pointe qu’en accélération sur 100 mètres départ arrêté. Les deux moteurs restent toutefois d’un caractère assez proche. Ils partagent d’ailleurs un trait commun à bas régime avec un trou au démarrage. Celui du Piaggio semble toutefois plus prononcé tandis que le MBK n’est pas franchement handicapé par ce léger temps de réaction. Si le X8 reprend du terrain entre 50 et 80 km/h avec une accélération plus vive une fois lancé, le MBK impose sa domination au-delà grâce à son meilleur rendement passé les 100 km/h. Ajoutons que le Skycruiser offre aussi une montée en régime plus linéaire, sans trou ou à-coups à la remise des gaz grâce à son injection électronique. Le X8 se montre pour sa part moins pointu, avec quelques faiblesses à bas-régime.


MBK Skycruiser

On a aimé :
- Stabilité
- Performances
- Consommation

A revoir :
- Confort de selle
- Place pour les pieds
- Protection perfectibles


Piaggio X8

On a aimé :
- Confort
- Coffre double ouverture électrique
- Maniabilité

A revoir :
- Train avant réactif
- Trou au démarrage
- Pas d'injection

liens vers essais :
MBK Skycruiser
Yamaha X-Max
Piaggio X8 125
Piaggio X8 Premium
Piaggio X8 Street


Conclusion
Aux termes de ce comparatif, le bilan est donc positif pour le nouvel arrivant. Face à la référence des GT « haut de gamme », le Skycruiser se montre largement à la hauteur. Il se permet même de taxer le Piaggio X8 aux chapitres de la tenue de route et des performances. Reste que si le MBK n’a pas grand chose à envier au X8 en termes de capacité de rangement ou d’équipement, sa philosophie un peu décalée devra toutefois convaincre le plus grand grand nombre, mais les premiers résultats montrent que ce positionnement séduit également.
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