Dossier
mis en ligne le : mercredi 26 juillet 2006
Deux scooter GT qui valent de l’or
Texte : Julien Métrop

Peugeot Satelis 125 ABS, Piaggio X9 125 evo.
La très attendue version ABS du Peugeot Satelis est arrivé enfin en concession, et le nouveau GT français devient du même coup le seul scooter de cette cylindrée équipé de la précieuse assistance au freinage après la disparition de l’Elystar. Ce Peugeot vient aussi directement piétiner le marché du Piaggio X9 Evo par son statut de superGT. Il n’en fallait pas plus pour organiser une confrontation, placée sous le signe du luxe. Ça va de soit à un tarif frisant les 4500 € !
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Scooter de référence par le passé, le Piaggio X9 s’est toujours distingué par son prix élevé qui culmine au sommet de la hiérarchie des 125. Pourtant, depuis l’arrivée de son frère X8, et plus récemment de nouveaux concurrents japonais ou français, le X9 a pris un sérieux coup de vieux. Malgré une baisse de tarif, il se retrouve aujourd’hui confronté à de sacrés clients, à commencer par cette livrée « Executive » du Peugeot. Ce modèle grand luxe se distingue du Satelis standard (Premium) par la présence de l’ABS et d’une chaîne antivol« lasso ». Affiché à des tarifs similaires (hors promos) autant dire que le Piaggio et le Peugeot sont des rivaux désignés.
À la découverte de nos GT, l’esprit est au luxe. Les deux scooters sont d’ailleurs assez proches avec des volumes haut perchés, des pare-brise bien dimensionnés et des selles étagées pour accueillir conducteur et passager. Les lignes sont magistralement sculptées, traits arrondis pour le X9 contre dominante anguleuse pour le Peugeot qui reprend les codes établis par les automobiles de la marque. À ce tarif, on compte une profusion d’équipements qui feront le bonheur des gros rouleurs comme des citadins. Le Peugeot se targue ainsi d’une instrumentation très complète avec jauge à essence, compte-tours ou température extérieure… On retrouve par ailleurs un grand vide-poche avec prise 12V, et un rangement annexe au centre du guidon. Malgré le poids des années, le X9 n’en demeure pas moins compétitif de ce côté-là. L’ordinateur de bord intégré au guidon offre les mêmes informations que le Peugeot, avec en plus des fonctions vitesse maxi, moyenne, conso. La boîte à gants et la prise 12V sont aussi de rigueur. En revanche, l’« Executive » se distingue par son freinage ABS-PBS inédit en 125 et par son injection électronique. Le X9 se contente d’un simple carburateur et du couplage d’un des disques de frein avant avec celui de l’arrière au levier gauche. Le coffre du français avale deux casques intégraux. Il se déverrouille au contacteur et s’ouvre automatiquement une fois l’action effectuée. Comme le Satelis standard, le modèle Executive est vendu avec une télécommande d’ouverture du coffre à distance. De son côté, l’Italien ne loge qu’un casque intégral ou une grosse mallette sous sa selle qui se déverrouille électriquement par un bouton situé au-dessus de la boîte à gants.
Une fois en selle, les philosophies de nos deux gros-porteurs sont parfaitement comparables. Les selles sont effilées sur leurs parties avant et plafonnent à des hauteurs raisonnables (784 mm pour le Peugeot, 790 pour le X9), si bien que chacun y trouve facilement sa place. Les bords des deux planchers sont même échancrés pour permettre aux plus petits gabarits de poser les pieds au sol tandis que les jambes trouvent facilement leur place une fois en mouvement. La seule différence concerne la position du guidon, légèrement plus haut sur le X9. D’un autre côté, la poutre du Peugeot est plus étroite et permet de limiter l’écart entre les deux jambes en conduisant « pieds en avant ». Dans les deux cas, la protection est très bonne et le passager est choyé, bien qu’un peu en hauteur. Notons tout de même que le système d’ouverture du coffre du Satelis limite l’épaisseur de la mousse de selle passager et donc le confort d’assise. Le X9 est d’ailleurs victime d’un phénomène comparable dû à une mousse très moelleuse qui laisse ressentir les supports rigides de la selle. Autre point à revoir sur le Peugeot, les rétroviseurs. Outre le fait qu’ils offrent une excellente vision par leur glace asphérique, ils ne sont pas très bien intégrés et semblent assez difficiles à régler. Il faut trouver la bonne position et votre concessionnaire vous aidera.
Une fois en selle, les comportements s’affirment. À poids quasiment égal, le Satelis se montre d’emblée plus conciliant en ville. Facile à manier avec ses roues de 13 et 14 pouces et son diamètre de braquage réduit, le Peugeot s’infiltre facilement dans la circulation. Son freinage assisté se montre redoutable de mordant (presque brusque !). L’ABS est efficace, mais renvoie un choc assez violent dans la fourche lorsqu’il se déclenche. Par ailleurs, le bruit persistant de la pompe agace à la longue. Sommes toutes, c’est là le revers d’une sécurité passive qui garantie une sérénité absolue sur tout type de sol, même humide. De son côté, le Piaggio s’incline en agglomération. Il faut dire qu’avec ses deux roues de 14 pouces, le train avant se montre un peu plus lourd et pénalise le X9 en ville. Si le levier avant (à droite) est un peu dur, le freinage couplé (à gauche) est à la fois mordant et facile à doser. Le Peugeot conserve néanmoins son statut unique puisqu’il reste le seul 125 équipé de l’ABS, point de sécurité sur lequel le X9 ne peut rivaliser, même avec son freinage couplé. Lorsque le rythme augmente, le Piaggio se rattrape néanmoins par sa rigueur. C’est là qu’il fait étalage de ses qualités dynamiques autorisées par sa partie cycle. Stable et équilibré, il se montre toujours rassurant et ne prend jamais son conducteur à défaut. Le Satelis est plus caractériel sur ce chapitre. Son centre de gravité est plus haut perché, avec une tendance à tomber trop vite en virage passé un certain degré d’inclinaison, pénalisant la fluidité de la conduite.
Mais là où le Peugeot se met clairement en évidence, c’est au niveau de sa motorisation. Moderne de conception, le monocylindre 4 soupapes à refroidissement liquide offre un réelle agrément de conduite si l’on omet son volume sonore important (mais enivrant !). En termes de démarrage, le Satelis « dépose » une écrasante majorité de ses concurrents. Le X9 étant justement connu pour son trou au démarrage, il ne peut que s’incliner devant l’outrageante supériorité de son rival du jour. La différence est d’autant plus flagrante en duo et en côte où l’Italien peine franchement à s’élancer. Passé 60 km/h, les accélérations sont relativement proches, tout comme les vitesses de pointe où seulement 1 km/h sépare les deux modèles (au profit du Satelis). Grâce à son injection électronique, le Français se montre aussi moins gourmand en carburant (0,5 l de moins en moyenne sur 100 km) et répond également aux normes anti-pollution Euro 3. Plus ancien de conception, le X9 se contente d’une homologation Euro 2 pour une consommation moyenne de 4,7 l/100 km parmi les élevées des GT 125 actuels.
Au terme de ce duel, les choses sont donc clairement définies. Bien qu’ancien de conception, le Piaggio X9 surprend encore par ses excellentes prestations en termes de confort et de tenue de route à vive allure. Il s’en sort donc avec les honneurs face à ses concurrents plus modernes. Néanmoins, la nouvelle génération de GT dont le Satelis se fait écho ici redonne un vrai coup de neuf dans ce segment « luxe ». Plus performant, plus pratique, tout aussi confortable et même plus sûr avec son ABS, l’« Executive » place la barre très haut et se montre en plus parfaitement adapté aux contraintes de la ville. Le X9 a su évoluer au fil des ans pour atteindre sa maturité, mais il semble bien avoir trouvé ici un adversaire de taille. Si le frère X8 et le Yamaha Majesty ne jouaient pas vraiment sur le même segment par le passé, permettant au X9 de conserver la troisième place des ventes en 2005, le Satelis-ABS vise à coup sûr la même clientèle et risque fort de se hisser dans les hauteurs du classement 2006.
Liens vers essais individuels
Piaggio X9 125 Evo
Peugeot Satelis 125 Executive (ABS)
Piaggio X9 Evo
On a aimé
- Confort
- Tenue de route
- Équipement
A revoir
- Trou au démarrage
- Maniabilité en ville
- Retroviseurs exposés
Peugeot Satelis Executive
On a aimé
- Moteur performant
- ABS-PBS
- Rangements
A revoir
- Motorisation bruyante
- Réglage rétrovisieur
- Finition rangements
Classe Affaire
À la découverte de nos GT, l’esprit est au luxe. Les deux scooters sont d’ailleurs assez proches avec des volumes haut perchés, des pare-brise bien dimensionnés et des selles étagées pour accueillir conducteur et passager. Les lignes sont magistralement sculptées, traits arrondis pour le X9 contre dominante anguleuse pour le Peugeot qui reprend les codes établis par les automobiles de la marque. À ce tarif, on compte une profusion d’équipements qui feront le bonheur des gros rouleurs comme des citadins. Le Peugeot se targue ainsi d’une instrumentation très complète avec jauge à essence, compte-tours ou température extérieure… On retrouve par ailleurs un grand vide-poche avec prise 12V, et un rangement annexe au centre du guidon. Malgré le poids des années, le X9 n’en demeure pas moins compétitif de ce côté-là. L’ordinateur de bord intégré au guidon offre les mêmes informations que le Peugeot, avec en plus des fonctions vitesse maxi, moyenne, conso. La boîte à gants et la prise 12V sont aussi de rigueur. En revanche, l’« Executive » se distingue par son freinage ABS-PBS inédit en 125 et par son injection électronique. Le X9 se contente d’un simple carburateur et du couplage d’un des disques de frein avant avec celui de l’arrière au levier gauche. Le coffre du français avale deux casques intégraux. Il se déverrouille au contacteur et s’ouvre automatiquement une fois l’action effectuée. Comme le Satelis standard, le modèle Executive est vendu avec une télécommande d’ouverture du coffre à distance. De son côté, l’Italien ne loge qu’un casque intégral ou une grosse mallette sous sa selle qui se déverrouille électriquement par un bouton situé au-dessus de la boîte à gants.
Une ergonomie travaillée
Une fois en selle, les philosophies de nos deux gros-porteurs sont parfaitement comparables. Les selles sont effilées sur leurs parties avant et plafonnent à des hauteurs raisonnables (784 mm pour le Peugeot, 790 pour le X9), si bien que chacun y trouve facilement sa place. Les bords des deux planchers sont même échancrés pour permettre aux plus petits gabarits de poser les pieds au sol tandis que les jambes trouvent facilement leur place une fois en mouvement. La seule différence concerne la position du guidon, légèrement plus haut sur le X9. D’un autre côté, la poutre du Peugeot est plus étroite et permet de limiter l’écart entre les deux jambes en conduisant « pieds en avant ». Dans les deux cas, la protection est très bonne et le passager est choyé, bien qu’un peu en hauteur. Notons tout de même que le système d’ouverture du coffre du Satelis limite l’épaisseur de la mousse de selle passager et donc le confort d’assise. Le X9 est d’ailleurs victime d’un phénomène comparable dû à une mousse très moelleuse qui laisse ressentir les supports rigides de la selle. Autre point à revoir sur le Peugeot, les rétroviseurs. Outre le fait qu’ils offrent une excellente vision par leur glace asphérique, ils ne sont pas très bien intégrés et semblent assez difficiles à régler. Il faut trouver la bonne position et votre concessionnaire vous aidera.
Citadin ou routier, à vous de voir
Une fois en selle, les comportements s’affirment. À poids quasiment égal, le Satelis se montre d’emblée plus conciliant en ville. Facile à manier avec ses roues de 13 et 14 pouces et son diamètre de braquage réduit, le Peugeot s’infiltre facilement dans la circulation. Son freinage assisté se montre redoutable de mordant (presque brusque !). L’ABS est efficace, mais renvoie un choc assez violent dans la fourche lorsqu’il se déclenche. Par ailleurs, le bruit persistant de la pompe agace à la longue. Sommes toutes, c’est là le revers d’une sécurité passive qui garantie une sérénité absolue sur tout type de sol, même humide. De son côté, le Piaggio s’incline en agglomération. Il faut dire qu’avec ses deux roues de 14 pouces, le train avant se montre un peu plus lourd et pénalise le X9 en ville. Si le levier avant (à droite) est un peu dur, le freinage couplé (à gauche) est à la fois mordant et facile à doser. Le Peugeot conserve néanmoins son statut unique puisqu’il reste le seul 125 équipé de l’ABS, point de sécurité sur lequel le X9 ne peut rivaliser, même avec son freinage couplé. Lorsque le rythme augmente, le Piaggio se rattrape néanmoins par sa rigueur. C’est là qu’il fait étalage de ses qualités dynamiques autorisées par sa partie cycle. Stable et équilibré, il se montre toujours rassurant et ne prend jamais son conducteur à défaut. Le Satelis est plus caractériel sur ce chapitre. Son centre de gravité est plus haut perché, avec une tendance à tomber trop vite en virage passé un certain degré d’inclinaison, pénalisant la fluidité de la conduite.
Moteur, avantage au Peugeot !
Mais là où le Peugeot se met clairement en évidence, c’est au niveau de sa motorisation. Moderne de conception, le monocylindre 4 soupapes à refroidissement liquide offre un réelle agrément de conduite si l’on omet son volume sonore important (mais enivrant !). En termes de démarrage, le Satelis « dépose » une écrasante majorité de ses concurrents. Le X9 étant justement connu pour son trou au démarrage, il ne peut que s’incliner devant l’outrageante supériorité de son rival du jour. La différence est d’autant plus flagrante en duo et en côte où l’Italien peine franchement à s’élancer. Passé 60 km/h, les accélérations sont relativement proches, tout comme les vitesses de pointe où seulement 1 km/h sépare les deux modèles (au profit du Satelis). Grâce à son injection électronique, le Français se montre aussi moins gourmand en carburant (0,5 l de moins en moyenne sur 100 km) et répond également aux normes anti-pollution Euro 3. Plus ancien de conception, le X9 se contente d’une homologation Euro 2 pour une consommation moyenne de 4,7 l/100 km parmi les élevées des GT 125 actuels.
Référence contre nouveauté…
Au terme de ce duel, les choses sont donc clairement définies. Bien qu’ancien de conception, le Piaggio X9 surprend encore par ses excellentes prestations en termes de confort et de tenue de route à vive allure. Il s’en sort donc avec les honneurs face à ses concurrents plus modernes. Néanmoins, la nouvelle génération de GT dont le Satelis se fait écho ici redonne un vrai coup de neuf dans ce segment « luxe ». Plus performant, plus pratique, tout aussi confortable et même plus sûr avec son ABS, l’« Executive » place la barre très haut et se montre en plus parfaitement adapté aux contraintes de la ville. Le X9 a su évoluer au fil des ans pour atteindre sa maturité, mais il semble bien avoir trouvé ici un adversaire de taille. Si le frère X8 et le Yamaha Majesty ne jouaient pas vraiment sur le même segment par le passé, permettant au X9 de conserver la troisième place des ventes en 2005, le Satelis-ABS vise à coup sûr la même clientèle et risque fort de se hisser dans les hauteurs du classement 2006.
Liens vers essais individuels
Piaggio X9 125 Evo
Peugeot Satelis 125 Executive (ABS)
Piaggio X9 Evo
On a aimé
- Confort
- Tenue de route
- Équipement
A revoir
- Trou au démarrage
- Maniabilité en ville
- Retroviseurs exposés
Peugeot Satelis Executive
On a aimé
- Moteur performant
- ABS-PBS
- Rangements
A revoir
- Motorisation bruyante
- Réglage rétrovisieur
- Finition rangements

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