Dossier
mis en ligne le : jeudi 16 février 2006
MBK Flame X et le Daelim S2, le bonheur est dans le prix

Affichés à des tarifs proches, le MBK Flame X et le Daelim S2 s’opposent pourtant dans leurs conceptions comme dans leurs philosophies. D’un côté, le MBK jouit d’un gabarit idéal pour la ville et d’une finition plus que léchée, de l’autre, le Daelim offre une panoplie d’équipements et des aptitudes routières indéniables. Mais faut-il s’arrêter à cette simple question de genre ? Rien n’est moins sûr…
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Apparus en Europe dans les années 70, les constructeurs japonais se sont peu à peu imposés sur le marché du deux-roues grâce à une politique de marketing et de technologie. Mais que se passe-t-il lorsqu’une deuxième vague de fabricants asiatiques, Coréen, Taiwanais ou Chinois, débarque à son tour sur le Vieux Continent avec une politique agressive de prix ? On assiste tout simplement à une guerre impitoyable qui implique délocalisation, avec à la clef un chamboulement évident des principes établis. Imaginez plutôt, pour le prix d’un petit scooter citadin comme le MBK Flame-X (jumeau du Yamaha Cygnus-X), on trouve désormais un véritable GT, à l’image du Daelim S2. Rangement, protection ou équipement, tout y est… ou presque !
Si notre comparatif du jour n’est qu’un exemple parmi tant d’autre, il reste parfaitement représentatif du phénomène qui se dessine depuis quelques années, et les petites cylindrées sont à plus forte raison concernées. D’ailleurs, le Yamaha/MBK est fabriqué à Taiwan ce qui lui a permis de baisser son tarif avant l’hiver en passant de 2499 à 2290 euro. Le Daelim revoyant également son tarif depuis l’automne à 2590 au lieu de 2650 !
De plus en plus souvent, le consommateur se fixe un budget (ici 2500 euro) et juge ce qu’on lui propose ; désormais à ce prix, il peut s’offrir un vrai GT. Alors rêve, illusion ou bonne affaire ?
Au premier abord, la logique des genres (citadin contre GT) semble respectée. Le Flame-X est un petit gabarit, la position de conduite est donc assez droite avec des jambes repliées sur un plancher plat et court. Sans parler d’inconfort, on est tout de même loin des qualités d’un GT. La protection offerte contre le vent ou la pluie est de surcroît inexistante. Les trajets sur voie rapide sont donc à éviter, voire tout simplement à exclure s’ils concernent de trop longues distances. En revanche, la compacité et la légèreté du MBK facilitent la prise en main, y compris pour les débutants. De son côté, le S2 rivalise facilement avec ses concurrents « gros-porteurs » pour ce qui est du confort général. Protégé par un large tablier et une bulle certes basse, mais qui a le mérite d’exister, le conducteur évolue en toute sérénité. Le dos est bien calé contre le dosseret de la large selle, les jambes sont légèrement tendues et le guidon tombe naturellement sous les mains. On appréciera aussi le plancher plat, rare sur les GT, mais toujours utile pour transporter les objets encombrants. De toute façon, le Daelim ne manque pas de rangements puisqu’il abrite sous sa selle un coffre volumineux capable d’engloutir un casque intégral accompagné d’un sac à dos ou d’un demi jet (sans visière). Pour sa part, le Flame X dispose également d’un espace généreux et bien pensé. On y loge en effet le même intégral accompagné d’un sac ou d’un blouson léger.
Côté instrumentation, la simplicité est de rigueur sur le Flame-X comme sur le S2. On se contente d’un simple compteur de vitesse et d’une jauge à carburant avec juste en plus une montre sur le Daelim. Si cette pauvreté d’instrumentation est acceptable pour un scooter d’entrée de gamme comme le MBK, elle l’est un peu moins sur un GT qui se respecte. Il s’agit d’ailleurs du gros défaut (avec l’absence de boîte à gants) du Daelim. Certains lui reprocheront aussi une ligne un peu trop typée, toute en rondeurs avec une partie arrière assez haute. Et il faut reconnaître que l’ensemble manque un peu d’homogénéité face au design très européen du Flame-X. La finition est aussi un peu moins soignée avec des ajustements de plastiques ou des traitements de surface qui laissent parfois à désirer. Il faut toutefois noter que la version 2006, avec le dosseret passager intégré et le porte-paquets alu, améliore bien les choses.
Malgré cette différence de gabarit et de genre, le S2 et le Flame-X se ressemblent davantage qu’il n’y paraît, en particulier en termes de motorisation, tous deux héritant d’une motorisation à refroidissement par air affichant de bonnes prestations urbaines. L’un et l’autre proposent par exemple des démarrages assez vifs. Bien entendu, la légèreté du Flame X lui permet de prendre l’avantage lors des départs arrêtés, mais l’écart reste assez modeste puisque comme quelques autres GT du marché (Honda Pantheon ou Suzuki Burgman), le S2 s’élance avec vigueur. Ce dernier reprend d’ailleurs les devants en ce qui concerne la vitesse de pointe avec 109 km/h réels (124 compteur), prouvant ainsi son classement de GT. Il se montre aussi un peu plus volontaire en reprise. Au final, et même s’il figure parmi les plus performants des modèles urbains, le MBK ne peut suivre la cadence avec une vitesse de pointe inférieure de 103 km/h réels qui limite incontestablement les trajets sur voies rapides.
Les similitudes ne s’arrêtent pas aux simples performances moteur. Malgré les apparences, le Daelim et le MBK partagent encore quelques traits communs en termes de comportement routier. Bien sûr, le MBK profite de sa compacité dès que le trafic devient très dense, mais le S2 s’en sort avec les honneurs dans les mêmes conditions. Équipés de jantes 12 pouces, nos deux scooters brillent ainsi par leur maniabilité en ville. Les trains avant sont légers, faciles à manœuvrer et donc idéal pour se faufiler dans le trafic. Paradoxalement, le plus rigoureux des deux n’est pas celui que l’on croit. Sous la barre des 70 km/h, le Flame-X se montre ainsi redoutable d’efficacité et devance même son rival. Précis et agile à la fois, il suit le regard et s’inscrit en virage avec un naturel impressionnant. De son côté, le S2 se montre légèrement plus incisif malgré son gabarit et son poids supérieurs. Il bascule très, voire trop facilement en virage, au risque de surprendre son conducteur. Ce phénomène qui résulte d’un centre de gravité un peu haut perché pour de petites jantes, n’entache en rien les excellentes qualités routières du S2 à plus vive allure. Il tolère ainsi les vitesses plus élevées sans se désunir. Ajoutons que sa protection reste acceptable lorsqu’on approche de la vitesse de pointe, tandis que le MBK n’épargne pas son conducteur. Les différences sont aussi contrastées pour ce qui est du duo. Bien qu’un peu en hauteur, le passager du S2 est bien mieux loti avec une large selle et un dosseret pour s’appuyer, contre un emplacement bien plus réduit sur le Flame-X, mini gabarit oblige ! En revanche, le MBK dispose du système de freinage le plus efficace grâce à un dispositif avant légèrement plus mordant que celui du Daelim. Le tambour arrière du MBK est en revanche bien moins efficace que le disque du Coréen.
Si notre comparatif du jour n’est qu’un exemple parmi tant d’autre, il reste parfaitement représentatif du phénomène qui se dessine depuis quelques années, et les petites cylindrées sont à plus forte raison concernées. D’ailleurs, le Yamaha/MBK est fabriqué à Taiwan ce qui lui a permis de baisser son tarif avant l’hiver en passant de 2499 à 2290 euro. Le Daelim revoyant également son tarif depuis l’automne à 2590 au lieu de 2650 !
De plus en plus souvent, le consommateur se fixe un budget (ici 2500 euro) et juge ce qu’on lui propose ; désormais à ce prix, il peut s’offrir un vrai GT. Alors rêve, illusion ou bonne affaire ?
Fonctionnalité ou facilité ?
Au premier abord, la logique des genres (citadin contre GT) semble respectée. Le Flame-X est un petit gabarit, la position de conduite est donc assez droite avec des jambes repliées sur un plancher plat et court. Sans parler d’inconfort, on est tout de même loin des qualités d’un GT. La protection offerte contre le vent ou la pluie est de surcroît inexistante. Les trajets sur voie rapide sont donc à éviter, voire tout simplement à exclure s’ils concernent de trop longues distances. En revanche, la compacité et la légèreté du MBK facilitent la prise en main, y compris pour les débutants. De son côté, le S2 rivalise facilement avec ses concurrents « gros-porteurs » pour ce qui est du confort général. Protégé par un large tablier et une bulle certes basse, mais qui a le mérite d’exister, le conducteur évolue en toute sérénité. Le dos est bien calé contre le dosseret de la large selle, les jambes sont légèrement tendues et le guidon tombe naturellement sous les mains. On appréciera aussi le plancher plat, rare sur les GT, mais toujours utile pour transporter les objets encombrants. De toute façon, le Daelim ne manque pas de rangements puisqu’il abrite sous sa selle un coffre volumineux capable d’engloutir un casque intégral accompagné d’un sac à dos ou d’un demi jet (sans visière). Pour sa part, le Flame X dispose également d’un espace généreux et bien pensé. On y loge en effet le même intégral accompagné d’un sac ou d’un blouson léger.
Le strict minimum…
Côté instrumentation, la simplicité est de rigueur sur le Flame-X comme sur le S2. On se contente d’un simple compteur de vitesse et d’une jauge à carburant avec juste en plus une montre sur le Daelim. Si cette pauvreté d’instrumentation est acceptable pour un scooter d’entrée de gamme comme le MBK, elle l’est un peu moins sur un GT qui se respecte. Il s’agit d’ailleurs du gros défaut (avec l’absence de boîte à gants) du Daelim. Certains lui reprocheront aussi une ligne un peu trop typée, toute en rondeurs avec une partie arrière assez haute. Et il faut reconnaître que l’ensemble manque un peu d’homogénéité face au design très européen du Flame-X. La finition est aussi un peu moins soignée avec des ajustements de plastiques ou des traitements de surface qui laissent parfois à désirer. Il faut toutefois noter que la version 2006, avec le dosseret passager intégré et le porte-paquets alu, améliore bien les choses.
Des caractères moteurs comparables
Malgré cette différence de gabarit et de genre, le S2 et le Flame-X se ressemblent davantage qu’il n’y paraît, en particulier en termes de motorisation, tous deux héritant d’une motorisation à refroidissement par air affichant de bonnes prestations urbaines. L’un et l’autre proposent par exemple des démarrages assez vifs. Bien entendu, la légèreté du Flame X lui permet de prendre l’avantage lors des départs arrêtés, mais l’écart reste assez modeste puisque comme quelques autres GT du marché (Honda Pantheon ou Suzuki Burgman), le S2 s’élance avec vigueur. Ce dernier reprend d’ailleurs les devants en ce qui concerne la vitesse de pointe avec 109 km/h réels (124 compteur), prouvant ainsi son classement de GT. Il se montre aussi un peu plus volontaire en reprise. Au final, et même s’il figure parmi les plus performants des modèles urbains, le MBK ne peut suivre la cadence avec une vitesse de pointe inférieure de 103 km/h réels qui limite incontestablement les trajets sur voies rapides.
Taillés pour la ville
Les similitudes ne s’arrêtent pas aux simples performances moteur. Malgré les apparences, le Daelim et le MBK partagent encore quelques traits communs en termes de comportement routier. Bien sûr, le MBK profite de sa compacité dès que le trafic devient très dense, mais le S2 s’en sort avec les honneurs dans les mêmes conditions. Équipés de jantes 12 pouces, nos deux scooters brillent ainsi par leur maniabilité en ville. Les trains avant sont légers, faciles à manœuvrer et donc idéal pour se faufiler dans le trafic. Paradoxalement, le plus rigoureux des deux n’est pas celui que l’on croit. Sous la barre des 70 km/h, le Flame-X se montre ainsi redoutable d’efficacité et devance même son rival. Précis et agile à la fois, il suit le regard et s’inscrit en virage avec un naturel impressionnant. De son côté, le S2 se montre légèrement plus incisif malgré son gabarit et son poids supérieurs. Il bascule très, voire trop facilement en virage, au risque de surprendre son conducteur. Ce phénomène qui résulte d’un centre de gravité un peu haut perché pour de petites jantes, n’entache en rien les excellentes qualités routières du S2 à plus vive allure. Il tolère ainsi les vitesses plus élevées sans se désunir. Ajoutons que sa protection reste acceptable lorsqu’on approche de la vitesse de pointe, tandis que le MBK n’épargne pas son conducteur. Les différences sont aussi contrastées pour ce qui est du duo. Bien qu’un peu en hauteur, le passager du S2 est bien mieux loti avec une large selle et un dosseret pour s’appuyer, contre un emplacement bien plus réduit sur le Flame-X, mini gabarit oblige ! En revanche, le MBK dispose du système de freinage le plus efficace grâce à un dispositif avant légèrement plus mordant que celui du Daelim. Le tambour arrière du MBK est en revanche bien moins efficace que le disque du Coréen.
Quels enseignements tirer de ce duel de genre ? D’abord que chacun de nos deux scooters garde ses spécificités. En bon GT, le S2 reste le plus polyvalent et vous permettra d’emprunter les voies rapides ou de vous promener en duo en toute sécurité. Facile à prendre en main, compact et léger, le Flame X demeure quant à lui une référence en milieu urbain. Il reste néanmoins pénalisé par son manque évident de protection. Reste que comme les tarifs, les performances n’auront jamais été aussi proches entre un GT et un scooter urbain. C’est un peu comme en politique, les extrêmes des catégories se rejoignent ! À vous de voter…

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