Yike Bike : Objet roulant non identifié
Lorsque Gary Franklin, l’un des responsables de la société Yike Bike, sort de la bouche de métro à laquelle nous lui avons donné rendez-vous, il transporte en bandoulière l’étrange bestiole que nous avons convenu d’essayer. Plié, l’ensemble ne représente qu’un volume de 43 litres et ne pèse que 10 kg grâce à une réalisation intégralement en fibre de carbone.
Il ne faut à Gary qu’une vingtaine de secondes pour déplier l’engin qui prend alors la forme d’un robot tout droit sorti de Star Wars. A ce moment-là, nous ne sommes plus seuls, un attroupement s’est formé autour de nous et les questions fusent de toutes parts…
Une bête à domestiquer
Gary nous explique la procédure à suivre pour donner vie au Yike Bike : rien de plus simple, il suffit d’appuyer deux secondes sur un bouton. Une batterie lithium et un moteur électrique sont dissimulés dans la grande roue avant (sans moyeu) de 20 pouces de diamètre. Il ne faut que 40 minutes pour effectuer une recharge totale, laquelle autorise ensuite une autonomie de 10 km.
L’affaire se complique lorsqu’on se retrouve assis sur la selle, pieds calés à la base de la grande roue avant, guidon en arrière du bassin ! Cette position n’a absolument rien de naturel et l’on comprend tout de suite mieux les avertissements de Gary nous prévenant qu’il fallait un bon quart d’heure de pratique avant de se sentir à l’aise sur le Yike Bike.
L’accélérateur prend la forme d’une gâchette au guidon droit, le frein se commande à la main gauche, le plus difficile étant de trouver son équilibre en relâchant l’appui sur le guidon et en se servant du regard et du bassin pour changer de direction. Une fois le mode d’emploi cerné, on file à 25 km/h sous les regards ébahis des piétons…
Où rouler ?
Reste à savoir où est-ce que le Yike Bike peut évoluer ? Sur la chaussée ? Certes, il a des feux de signalisation et des clignotants, mais on ne s’y aventurerait pas. Sur une piste cyclable ? Normalement, il faut des pédales pour y être autorisé. Le trottoir semble finalement son territoire le plus naturel et la tolérance des policiers que nous avons croisés nous conforte dans cette idée, mais ces questions laissent envisager une homologation sans doute un peu problématique, si tant est qu’elle soit nécessaire.
Pour amateur fortuné
Véritablement inclassable, au même titre qu’un Segway dans un autre style, le Yike Bike s’adresse en l’état à des amateurs d’étrangetés au portefeuille bien garni puisqu’il est affiché sur le site web de la marque à environ 3500 €, frais d’envoi depuis la Nouvelle-Zélande où il est fabriqué et TVA inclus. L’assemblage à la main et les pièces en carbone expliquent en partie ce tarif élitiste, sachant que Yike Bike travaille actuellement à un équivalent plus abordable en matière plastique, qui devrait être commercialisé d’ici un an ou deux. En attendant, si vous voulez vous déplacer de manière originale et ne pas passer inaperçu, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
www.yikebike.com
Fiche technique
Poids : 10,6 kg
Cadre : fibre de carbone
Moteur : électrique brushless dans roue avant
Puissance : 1,3 chevaux
Freinage : électrique et régénératif
Batterie : lithium, charge en 40 minutes
Vitesse maxi : 25 km/h
Autonomie : 10 km
Roues : avt : 20 pouces, arr : 8 pouces
Prix : 2635 € + frais de port + TVA
Contact : www.yikebike.com
Blague à part, j'aime bien l'idée qu'on arrive encore à inventer des choses en 2010.

