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mis en ligne le : samedi 28 mars 2009

Le Vectrix face au marché ! Comparatif : Yamaha X-Max 125 / Vectrix / Honda SH 300

Texte : Julien | Photos : Mecamix
Premier scooter électrique équivalent à un modèle thermique de 125 cm3, le Vectrix est une petite révolution dans le monde du deux-roues. Lors des premiers tests, le GT américain nous avait surpris par ses accélérations redoutables pour un engin accessible avec un simple permis auto. Pour mesurer le potentiel réel de ce véhicule écolo, nous l’avons donc confronté au must du scooter 125 et à un maxi-scooter. Le verdict est sans appel !
Le Vectrix est un véritable pionnier chez les deux-roues électriques. D’abord, il est le premier modèle apte à intégrer le segment des GT. Originaire du pays où l’on voit « tout en grand », il ne renie en rien ses origines ! Son gabarit imposant et son équipement fourni en font un gros porteur digne de se classer comme maxi-scooter. Mais la véritable nouveauté de l’américain tient surtout à son moteur de 20 kilowatts qui en fait le deux-roues électrique le plus performant jamais commercialisé. Avant son arrivée, les scooters électriques se limitaient en effet à des motorisations comprises entre 1 500 W à 4 000 W, soit une puissance plus de cinq fois inférieure. Cette puissance est évidemment un atout commercial pour le Vectrix, d’autant que la législation est encore floue sur ce marché naissant. En effet, l’arrivée des scooters électriques a nécessité la mise en place d’un système de classifications pour leur homologation. Pour se faire, les autorités compétentes ont déterminé des équivalences entre deux-roues thermique et deux-roues électrique en respectant les grandes divisions existantes. La loi considère ainsi que les scooters électriques de moins de 4 000 W sont équivalents aux deux-roues thermiques de 50 cm3, et donc accessibles sans permis (ou avec le BSR pour les plus jeunes) et limités à 45 km/h. Les scooters électriques développant une puissance supérieure à 4 000 W sont considérés pour leur part comme des deux-roues équivalent à des 125 cm3 thermiques. Ils nécessitent donc un permis « auto » possédé depuis plus de deux ans. Seul problème, les autorités n’ont pas fixé la limite entre les équivalents au 125 et les équivalents « grosse cylindrée » (imposant un permis moto). Il faut dire qu’à cette époque, on imaginait mal qu’un deux-roues électrique puisse un jour tenir la comparaison avec une grosse moto ou un maxi-scooter. L’arrivée du Vectrix pose donc le problème aujourd’hui. S’il reste l’équivalent d’un scooter 125 en termes d’homologation, le GT américain semble bien plus performant que ces derniers. Afin de vérifier ces dires, nous avons donc décidé d’organiser une petite confrontation. Pour se faire, nous avons choisi de l’opposer à un des scooters 125 le plus performant, le Yamaha X-Max 125, ainsi qu’à un maxi-scooter de moyenne cylindrée réputé pour ses accélérations redoutables, le Honda SH 300.

Qui est le plus performant?
Premier constat à la découverte de ces trois scooters, ils n’ont pas grand-chose de commun. Que ce soit en termes de prix, de conception ou de législation, ils ne jouent pas exactement dans la même catégorie. Mais qu’importe car le but de ce comparatif est surtout de positionner le Vectrix en termes de performances. Les premiers mètres parcourus ne tardent pas à justifier une telle confrontation. Chez les scooters électriques, le départ arrêté est la phase où la motorisation est la plus consommatrice en énergie. Pour ne pas trop altérer l’autonomie, -problématique majeure sur les moteurs électriques-, les ingénieurs de Vectrix ont donc réduit volontairement l’arrivée de la puissance au démarrage. Dans les faits et malgré ce bridage volontaire, le Vectrix reste pourtant bien plus prompt à s’élancer que le X-Max 125 qui accuse déjà un certain retard après seulement une trentaine de mètres parcourus. En revanche, le Honda SH 300 profite de sa légèreté et de sa fougue pour prendre les devants. Il faut dire que ce maxi-scooter est bien connu pour ses départs tonitruants et laisse même quelques modèles 400 sur le carreau. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le Vectrix concède une bonne dizaine de mètres au Honda. Passé le cap des 50 km/h, le bridage du Vectrix n’est plus actif. L’accélération s’amplifie alors très nettement, au point de se transformer en une poussée explosive. À ce moment, l’Américain accroît encore son avance sur le Yamaha X-Max, qui pointe désormais à une bonne cinquantaine de mètres après environ 200 m parcourus. Voilà qui ne laisse aucun doute quant au potentiel du Vectrix. Plus puissant au démarrage et plus véloce à mi-régime, le GT électrique enterre littéralement son équivalent thermique à l’accélération.

Des reprises supérieures à celles du 300
Mais ce n’est pas tout, quand le Vectrix se libère, il accélère même plus promptement que le Honda SH 300 et le remonte petit à petit pour finalement rattraper une bonne partie du retard accumulé au démarrage. Devant ce constat, nous décidons donc de procéder à un test de reprises. Lancé à 50 km/h, nous tournons la poignée d’accélérateur à fond. La GT électrique repart alors avec entrain laissant le Honda SH 300 à deux bonnes longueurs derrière lui. On ne parle même plus du X-Max 125, bien incapable de soutenir le rythme de l’un comme de l’autre de ses rivaux. Voilà qui illustre clairement le décalage actuel de l’équivalence électrique/thermique. Il convient tout de même de modérer nos propos. En effet, pour restreindre sa consommation électrique et sauvegarder l’autonomie, les ingénieurs américains ont été contraint de limiter la vitesse de pointe du Vectrix à 100 km/h réels. Lorsque le rythme augmente, le SH 300 dépasse donc largement le GT électrique, tout comme le X-Max 125 qui atteint pour sa part un bon 115 km/h réels. En théorie, il est donc difficile d’affirmer que le Vectrix est réellement plus performant que ses concurrents du jour. Reste qu’en pratique et pour une utilisation en milieux urbain et périurbain, les accélérations et les reprises du modèle Américain lui permettent bel et bien de devancer le Yamaha X-Max 125 et de faire jeu égal avec le Honda SH 300.

Quel est le plus agréable à vivre ?
En plus d’une vitesse de pointe limitée, le Vectrix est encore loin d’égaler ses homologues thermiques à d’autres points de vue. Le plus problématique est incontestablement l’autonomie. Avec seulement 50 km en usage intensif et un temps de rechargement de 3 heures, le GT électrique n’est envisageable au quotidien que pour les « petits » rouleurs. Il faut également disposer d’une prise électrique (ou d’une borne publique) accessible pour le rechargement. Le Vectrix bénéficie tout de même de quelques atouts comme son système de rétro-freinage. Lorsqu’on actionne la poignée d’accélérateur dans le sens inverse, la polarité du moteur change et le moteur se transforme en générateur. Celui-ci permet d’économiser les plaquettes et de recharger partiellement la batterie. À l’arrêt, le système se transforme même en marche arrière, inédit sur un scooter ! Le gabarit volumineux du GT américain octroie également à son conducteur un confort « première classe ». Les jambes peuvent se déplier vers l’avant et la protection est plutôt convenable. Les suspensions progressives et la selle rembourrée économisent également le conducteur. Très compact pour sa cylindrée, le Honda SH 300 ne peut tenir la comparaison. Ses suspensions sèches nuisent au confort tandis que les jambes sont totalement repliées et la protection quasiment inexistante. En digne GT, le Yamaha X-Max 125 opte pour une selle bien dimensionnée et un ensemble pare-brise/tablier enveloppant. La faible profondeur du plancher empêche toutefois de positionner les jambes en avant. Le confort reste correct et le japonais se rattrape par son coffre volumineux (deux intégraux). Pour un scooter électrique, le Vectrix s’en tire avec les honneurs sur ce point. Le coffre avale un casque modulable et un grand vide-poche prend place sur le tablier. Enfin, le SH reste le plus limité avec un espace pour un demi-jet sous la selle et un petit vide-poche fermé. Au final et si l’on exclut son coffre de taille moyenne, le Vectrix offre des prestations dignes d’un vrai maxi-scooter GT. Reste la question cruciale de l’autonomie que chacun étudiera en fonction de ses besoins.

Le meilleur comportement en ville
Le gabarit cossu de l’américain ne facilite pas son évolution en ville. Néanmoins le diamètre de braquage raisonnable associé à un centrage des masses bas octroie une maniabilité correcte quand le trafic se fluidifie. À rythme élevé, la tenue de route saine ne suscite aucune arrière pensée. Seul le freinage manque un peu de mordant, même si le rétro-freinage compense. Le X-Max jouit d’un comportement similaire, même si le poids inférieur et l’encombrement réduit améliorent l’équilibre général. La puissance de freinage est conséquente mais l’attaque est peu prononcée. Le SH clôt la comparaison avec panache. En ville, sa maniabilité est un vrai régal. Certes, le train avant est un peu lourd, mais le poids plume et le freinage ABS-CBS, avec anti-blocage et couplage avant/arrière, en font un scooter ultra efficace et très sûr. Le constat est malheureusement un peu moins glorieux à haute vitesse où le Honda a tendance à louvoyer, un phénomène que l’on explique aisément par son frêle gabarit et sa géométrie.

Quel est le plus économique ?
Les scooters électriques, généralement très chers à l’achat, permettent de se rattraper dans le temps grâce à leur faible coût de fonctionnement. Dès lors, le coût de revient semble plus parlant pour mettre thermique et électrique sur un pied d’égalité. La comparaison entre nos trois modèles est réalisée ici pour un kilométrage de 10 000 km par an sur une durée de 3 années. Le prix du Vectrix tient compte de la déduction de la prime Ademe (400 €). Les frais d’entretien ont été calculé selon les recommandations des constructeurs. Le Vectrix se trouve avantagé par une maintenance réduite de son moteur électrique : une révision tous les six mois, facturée 15 €. Côté consommation, Une charge de batterie pour parcourir 50 km coûte 0,5 €, soit 1 € pour 100 km. Sur la même distance, le X–Max consomme 3,8 litres d’essence, le SH 300 évolue à 4,7 litres. Au prix actuel du SP95 (1,5 €), cela revient respectivement à 5,70 € et 7,05 €. En ce qui concerne l’assurance, les devis ont été réalisés auprès de 3 compagnies différentes pour un conducteur de 35 ans habitant Paris et disposant d’un bonus de 20% (0,80), le tout pour une police « au tiers, vol et incendie ». Enfin, notre calcul tient compte de la revente des véhicules selon la décote moyenne constatée chez les professionnels. Nous avons néanmoins majoré le Vectrix en partant du principe que la revente des véhicules électriques est plus incertaine.

Essais Solo :
Yamaha Xmax 125
Vectrix maxiscooter
Honda SH

Conclusion
Au terme de ce comparatif, il est donc difficile d’affirmer que le Vectrix est actuellement plus performant qu’un scooter thermique de 125 cm3. Bien plus efficace à l’accélération et en reprise, le GT américain pâtit en effet de sa vitesse de pointe limitée sur voie rapide. Il convient toutefois de nuancer ce propos. La limitation de vitesse du Vectrix n’est absolument pas imposée par la législation, mais par un besoin purement pratique de préserver l’autonomie. Or, les ingénieurs nous affirmé que sans ce bridage, le GT électrique atteint près de 140 km/h. En imaginant que les prochaines générations de batteries permettent d’accroître l’autonomie des deux-roues électriques, certains modèles pourraient alors devancer la plupart les maxiscooters 250 ou 300, tout en restant accessible avec un simple permis auto. Une aberration administrative dans l’absolue, mais aussi une aubaine pour les utilisateurs ! Finalement, il y a toutes les raisons de se réjouir. Car cette législation avantageuse devrait aussi contribuer au développement des deux-roues électriques, et donc à la sauvegarde de l’environnement. Quant à la question financière, notre analyse démontre que le prix de revient du Vectrix est à peine supérieur à celui d’un équivalent thermique. Une tendance qui pourrait évoluer en fonction des cours du pétrole et des prix des batteries. On en reparle prochainement...
Réaction(s) (4)
1 | écrit le dimanche 29 mars 2009 à 13h10 par KeyFox
Là est le problème : comment positionner l'électrique ? La notion de l'usage réservé au 2-roues prend tout son sens. Et il faut penser au recyclage des batteries...
Personnellement, j'habite à 50 km du boulot, dont 5km de ville et 20km de 4-voies. Si je fais une course, je rajoute 10 à 30km. Il me faut donc 130km d'autonomie dont 50 à 110km/h, avant de recharger pendant la nuit. La technique évolue : affaire à suivre !
Actuellement en Pantheon, je suis aussi passé par le 400 et le 650. Côté performances "suffisantes", la réponse est (pour moi )entre 125 et 400cc, côté confort, un bon 400. Oui, à suivre.
2 | écrit le lundi 13 avril 2009 à 11h30 par maxis
en terme de comparaison le xmax 125 ne doit pas configurer dans ce dossier.
le vetrix est annoncé par le constructeur comme etant un 400cm3 thermique.
le SH est un 300. il a fallut confier la tache à l'xmax 250 pour défondre le constructeur yamaha.
3 | écrit le lundi 13 avril 2009 à 13h21 par redaction
Nous voulions un véhicule comparable sur le plan du permis de conduire avec le vectrix. Un 250 X-max réduisait l'intérêt alors que le vectrix se conduit aussi avec le permis B.
Au sujet de l'équivalence thermique, le Vectrix vaut un 250 et non un 400 et encore la vitesse de pointe n'est que de 100 km/h contre 130.
4 | écrit le samedi 16 mai 2009 à 14h37 par bernie
Propriétaire d'un vectrix depuis presque 1 an après être passé par le Panthéon et le X9, je suis plutôt d'accord avec votre dossier à une ou deux réserves près :
en conduite normale, en région parisienne, j'ai une autonomie entre 70 et 80 kms. Il est vrai que dès qu'on tourne la poignée un peu fort, l'autonomie est plus proche de 50 kms.
En revanche, selon moi, ce scooter n'est pas à mettre entre des mains de scooteristes débutants. Sa puissance et son poids peuvent s'avérer extrêmement difficile en particulier sur route mouillée.
Seul point négatif du vectrix selon moi : une absence de répartiteur de freinage qui rend parfois compliqué des freinages d'urgence!
A part ce point qui va, j'en suis sûr, s'améliorer, je vous recommande à 100% le vectrix qui met loin derrière lui des machines très "branchées" comme le X9
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