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mis en ligne le : dimanche 15 mars 2009

Deux grandes roues à petit budget : Aprilia 125 Sportcity One contre Keeway 125 Outlook

Texte : Julien | Photos : Mecamix
Alors que la clientèle française commence enfin à apprécier la stabilité et le confort des grandes roues, l’offre s’étoffe toujours davantage. Si le marché est surtout représenté par des scooters haut ou moyenne gamme, de nouveaux modèles plus abordables apparaissent désormais, à l’image de l’Aprilia Sportcity One ou du Keeway Outlook.
Pour Keeway, l’objectif était de proposer un scooter à un prix attractif (2 099 €), mais avec une qualité supérieure aux productions chinoises connues et un équipement plus fourni. Force est de constater que le résultat est plutôt encourageant. La présentation est soignée, la finition très correcte et les performances convaincantes. Aprilia a, pour sa part, choisi de décliner son modèle Sportcity dans une nouvelle version plus abordable baptisée One (2 399 €). Pour offrir un prix de vente serré, l’équipement a été réduit et la motorisation empruntée au sage Piaggio Liberty avec son 4 temps à refroidissement par air. Mais le One peut compter sur son allure racée atypique chez les grandes roues pour séduire de nouveaux adeptes.

Sportif ou classique
Décliné en 50 et 125, le Sportcity One, se caractérise par ses roues de 14 pouces, peu habituelles pour la catégorie, et par des volumes très ramassés. Sa partie arrière tronquée et ses optiques acérées affichent un design athlétique, renforcé par des lignes anguleuses. La face avant épurée par un tablier raccourci et le garde-boue avant léchant le pneu concourent également à exacerber cette sportivité. L’Outlook dégage moins de sex-appeal, mais opte pour des volumes plus cossus. La face avant plus proéminente est complétée par un petit saute-vent. La conception se rapproche davantage d’un « grandes-roues » classique. Le design du Keeway n’a pas la finesse du coup de crayon italien, mais on remarque tout de même un certain effort de conception, ce qui n’est pas toujours le cas des productions chinoises.

L’Outlook affiche complet
Esthétiquement ces deux scooters n’ont pas grand-chose en commun, une remarque également valable pour l’équipement. Pour ce qui les réunit, ils disposent tous deux d’un plancher plat, d’un accroche-casque et d’une jauge à essence. En revanche, l’instrumentation pauvre du Sportcity dénote de celle de l’Outlook, à qui il ne manque finalement qu’un totalisateur kilométrique partiel pour être complète. L’Aprilia profite de ses roues plus petites pour améliorer sa capacité de chargement (un petit casque intégral). Mais le chinois est livré avec un top case d’origine acceptant deux intégraux, ce qui permet de palier à son minuscule coffre de selle. Néanmoins, aucun d’eux ne propose d’ouverture de coffre au contacteur. À l’inverse du Keeway, l’Italien fait l’impasse sur la boîte à gants et sur la béquille latérale. En revanche, la béquille latérale de l’Outlook dispose d’un système de rappel automatique piégeur. Mieux vaut donc proscrire son usage et lui préférer la centrale.

Un Sportcity plus spartiate
Avec des dimensions plus proches d’un scooter urbain que d’un « grandes-roues », la position des jambes est assez étriquée et le haut du corps plus exposé sur le Sportcity One. La place réservée au passager est réduite à sa plus simple expression. L’Outlook se montre plus convaincant dans cet exercice grâce à ses généreuses platines repose-pieds repliables. L’accueil du conducteur est au diapason, avec la possibilité d’étendre davantage les jambes en se reculant sur la selle bicolore. Seul l’espace pour les pieds décevra les grandes pointures. Les plus petits préféreront l’Aprilia pour sa selle basse même si le Chinois reste accessible. Côté suspensions, le Keeway se révèle un peu trop souple pour amortir efficacement les défauts du tarmac et quelques mouvements parasites sont même perceptibles dans la colonne de direction. Mieux freinées en hydraulique, les suspensions du transalpin sont plus progressives mais très fermes au quotidien.

Le Keeway amuse, l’Aprilia assure
Sous sa robe sérieuse, le Keeway se montre étonnamment joueur. Vif et agile, il surprend par sa remarquable maniabilité dans le trafic. Le châssis garantit une stabilité satisfaisante en virage. Dommage que les pneus manquent de grip, plus particulièrement sur sol humide. Le mordant du frein avant est peu prononcé et le levier est assez dur, ce qui ne permet pas de doser son freinage avec finesse. L’attaque du frein à disque arrière est en revanche brutale et ce dernier bloque facilement. L’Aprilia dispose pour sa part d’un frein avant plus puissant au mordant prononcé. Le tambour arrière procure un fonctionnement plus souple pour un freinage globalement plus sécurisant. Les dimensions plus réduites facilitent la prise en main, mais l’Italien distille une conduite un peu moins ludique. La largeur du pneu avant le rend moins incisif en ville. En revanche, le guidage précis additionné au châssis rigide procure une stabilité rassurante à vitesse élevée.  

Enfin un chinois performant
Le Sportcity One est propulsé par le monocylindre à 2 soupapes refroidi par air ue l’on connait chez les Piaggio Liberty et Vespa LX. Il profite de sa légèreté au démarrage pour s’élancer avec vitalité jusqu’à 50 km/h. Au-delà, la montée en régime se tarit progressivement et l’Aprilia réclame une certaine distance pour atteindre les 95 km/h réels. Une vitesse de pointe un peu juste pour sortir de la ville, mais finalement acceptable en utilisation purement citadine. Reste que l’Outlook ne fait finalement pas beaucoup mieux sur voie rapide avec ses 101 km/h réels, mais il les atteint plus rapidement ce qui lui offre au final davantage de polyvalence. En accélération, le moteur chinois affiche également une belle vigueur, d’ailleurs surprenante compte tenue de son origine. On regrette juste des vibrations assez prononcées au ralenti. Cela dit, aucun trou ne se fait ressentir au démarrage et la plage d’utilisation est bien remplie. On franchit les 80 km/h assez rapidement, puis la progression ralentit pour rejoindre la vitesse maxi.

Essai solo :
Aprilia Sportcity One 125
Keeway Outlook 125
Conclusion
Déjà remarquée pour ses petits scooters urbains, Keeway nous livre une nouvelle fois un scooter très abouti pour un prix attractif. L’Outlook témoigne ainsi d’un réel effort de conception et démontre que certaines marques chinoises arrivent à proposer des scooters aux standards européens, que ce soit en termes d’esthétique, d’aspects pratiques ou de performances. Reste tout de même des suspensions et un freinage perfectibles qui ne mettent pas toujours en confiance. Mais à ce tarif, on pardonnera facilement ces petites imperfections. De son côté, Aprilia reste fidèle à son image et opte pour le style et l’originalité. Le résultat peut plaire, mais ses prestations dynamiques plus rigoureuses se paient tout de même un peu cher, en particulier si l’on tient compte du manque d’aspects pratiques. Le Sportcity One reste cependant l’un des « grandes-roues » italiens les plus abordables et son look pourrait en séduite plus d’un.
Réaction(s) (1)
1 | écrit le dimanche 15 mars 2009 à 16h52 par romain
Je suis un peu decu que ne figure pas le Kymco Agility 125 City (grandes roues, meme gamme de prix, puissance legerement inferieure a l'Aprilia mais meme vitesse de pointe et meme technologie, 52 commentaires et souvent compare au Keeway Outlook).
Dommage ...
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