Dossier
mis en ligne le : jeudi 25 septembre 2008
Trois scooter GT anti-conformistes
Segment le plus apprécié dans l’hexagone, les scooters GT 125 sont généralement conçus sur le même « moule » pour plaire au plus grand nombre. Parmi l’impressionnante offre du marché, certains osent pourtant se distinguer. C’est le cas de nos trois modèles du jour dont les spécificités techniques font toute la différence à la conduite. Le Piaggio MP3 opte pour 3 roues, le Peugeot Satelis pour le compresseur et l’Adiva pour le toit repliable. Mais à de tels tarifs, le jeu en vaut-il toujours la chandelle ?
S’ils apportent des solutions novatrices pour améliorer l’agrément conduite, il faut reconnaître que l’Adiva AD, le Peugeot Satelis compressor ABS ou le Piaggio MP3 ne jouent pas vraiment dans la même catégorie que les habituels GT 125 d’un stricte point de vue financier. Leurs technologies embarquées justifient en partie le surplus de prix, mais il convient toutefois de s’interroger à l’heure de l’achat. Les avantages de nos trois concepts sont-ils réellement suffisants pour légitimer une différence de prix de 1 500 à 2 000 € face à un traditionnel GT ? Rien de telle qu’une petite confrontation pour nous le dire.
Trois concepts et un seul but, se distinguer !
Béquillé devant la rédaction de scooter-infos, notre trio offre une vision plutôt décalée des scooters d’aujourd’hui. Visuellement, le Piaggio MP3 sort du lot. Avec ses deux roues avant, l’italien se positionne presque comme un type de scooters à part entière. Malgré tout, cette partie-cycle inédite est enveloppée dans un habillage toutefois classique. Que ce soit en termes de style ou de gabarit, le trois-roues reste quasiment comparable à un gros GT classique. Dans cette version « Roll Lock » (blocage des suspensions), le Piaggio est en revanche le plus coûteux de ce comparatif et s’échange contre 5 630 €. Tout aussi surprenant, l’Adiva se met en évidence par son imposant carrossage. Équipé d’un pare-brise haut et d’un toit rétractable façon cabriolet, il propose une protection « intégrale » et reste l’unique représentant des scooters à toit depuis la retraite du BMW C1. À la différence de l’allemand, l’italien impose tout de même le port du casque. Cette nouvelle version remise au goût du jour l’an dernier est affichée à 4 990 €. Moins atypique dans sa forme, le Peugeot Satelis Compressor Urban dissimule ses atouts derrière une plastique plutôt traditionnelle puisque seules ses larges écopes arrière le différencient du modèle standard. Et pourtant, Peugeot est le premier constructeur à avoir implanté un compresseur sur un scooter de série. S’il reste accessible avec un simple permis auto de par sa cylindrée, le « K » distille dans le même temps des accélérations supérieures à ses concurrents 125. Enfin, la finition « Urban » comprend un système de freinage avec couplage avant/arrière et anti-blocage de roue ABS, élément de sécurité indiscutable, et encore rare dans cette cylindrée.
Des avantages, mais aussi des concessions
Avant même de comparer ces scooters en dynamique, il convient d’abord d’étudier s’ils conservent réellement tous les atouts propres aux GT. Et de ce point de vue, l’Adiva se met clairement en évidence. En plus de sa protection inégalable, le scooter à toit propose aussi une multitude de détails qu’apprécieront les adeptes du genre. On y trouve par exemple deux espaces de rangement. Le premier est un petit coffre traditionnel situé sous la selle, le second, une vaste soute implantée à l’arrière du scooter. Destiné à accueillir le toit lorsqu’il est replié, ce grand compartiment offre une capacité d’emport record en configuration « capoté » ou lorsqu’on démonte complètement le toit en saison chaude. On y loge 3 casques modulables ou un sac de voyage, un vrai bonheur ! Si le bloc compteur manque de modernité, on profite de nombreux équipements autour du guidon : essuie-glace, prise 12 v, feux de détresse, extracteurs d’air chaud, trois vide-poches et même des emplacements pour un autoradio et des haut-parleurs. De son côté, le Piaggio MP3 fait dans le traditionnel. Le coffre à double ouverture inspiré du X8 offre une bonne contenance (un intégral et un jet-écran) tandis que la selle et le hayon arrière se déverrouillent à distance à partir de la clé. Le bloc compteur très lisible accueille un ordinateur de bord complet (heure, température extérieure, totalisateurs kilométriques partiels…). Seul regret, on ne trouve ni vide-poche, ni boîte à gants autour du guidon, et l’italien pâtit surtout de son pare-brise court, indigne d’un vrai GT. Reste enfin le Peugeot qui propose pour sa part un pare-brise bien mieux dimensionné, mais aussi tous les éléments essentiels d’un scooter « Grand Toutisme » : grand vide-poche à clé, petit espace de rangement sur le guidon, tableau de bord moderne et complet, crochet rétractable sur le tablier, feux de détresse, béquilles centrale et latérale... Malheureusement, les choses se corsent à l’observation du coffre. Le massif moteur-compresseur ampute sur le volume de rangement initial du Satelis. On ne loge au final qu’un petit casque intégral, soit une capacité vraiment réduite. Question équipement, protection et rangement, seul l’Adiva en offre réellement davantage qu’un GT traditionnel. Les deux autres modèles peinent pour leur part à atteindre les standards de la catégorie.
Des poids lourds plus ou moins accessibles
Côté prise en main, nos trois mastodontes réclament un minimum d’expérience. Sur le Satelis Compressor, on note un léger surplus de poids face au modèle standard (+ 11,5 kg), mais l’ergonomie proche d’un habituel GT rend la prise en main plus évidente. La position offerte par le français est plutôt agréable, avec un espace généreux pour étendre les jambes et une assise fine et à bonne hauteur. On lui reprochera tout juste ses suspensions assez sèches qui peinent à amortir le scooter sur chaussée accidentée. Bref, avec le Satelis, on est en territoire connu et en dehors de la sonorité « sifflante » du monocylindre suralimenté, rien n’est vraiment dépaysant par rapport à un GT classique. Le piaggio MP3 ne peut pas vraiment en dire autant. Proche de 200 kg, son embonpoint le rend d’emblée plus complexe à appréhender, en particulier pour les petits gabarits. Une fois lancé, il faut conjuguer avec un train avant assez lourd qu’on manie difficilement dans les manœuvres à très basse vitesse. Heureusement, le système de blocage des suspensions (Roll Lock) qui permet au MP3 de tenir en équilibre sur lui-même à l’arrêt facilite les choses. Lorsqu’on s’arrête à un feu rouge, il suffit de maintenir les roues droites, puis d’appuyer sur la commande blocage. Le scooter se stabilise alors sans avoir à poser les pieds au sol et à soutenir le poids du scooter, révolutionnaire ! La prise en main réclame un temps d’adaptation, mais une fois assimilé, le « Roll Lock » devient un élément de confort incomparable. De plus, le train avant gomme parfaitement les défauts de la route, si bien que toute sensation de vibration ou de choc disparaît au guidon. Le MP3 fait donc des merveilles en matière d’agrément de conduite, à la condition d’accepter la position de conduite « jambes pliées » expliquée par l’imposant train avant. Reste enfin le cas de l’Adiva de loin le véhicule le plus exigeant pour la prise en main. D’abord, le poste de commande se révèle assez étriqué. Le conducteur évolue donc avec les jambes et les bras très repliés et le passager manque sérieusement d’espace. De plus, le poids de 175 kg et le centre de gravité très haut perché ne facilitent pas les manoeuvres, le scooter ayant tendance vaciller à la moindre pression sur le guidon. Enfin, l’encombrement de l’Adiva exige une certaine attention dans le trafic saturé. Bref, l’Adiva demande une période d’adaptation avant d’évoluer en totale confiance.
Un sprinteurs et deux paresseux !
Question motorisation, le Peugeot prend nettement les devants. Avec son monocylindre suralimenté, le GT français offre des accélérations redoutables. Le couple est omniprésent et malgré sa linéarité, la montée en régime s’avère d’une vivacité redoutable. Mieux encore, la constance des performances est un vrai avantage en côte, en reprise ou en duo, exercices dans lesquels les GT classiques montrent souvent leurs limites. Enfin, les voies rapides sont avalées à une vitesse de pointe élevée, 116 km/h réels. Au final, le Satelis compresseur garantie donc un niveau de performances jamais atteint dans cette cylindrée. La consommation augmente logiquement. Comptez 4,8 l/100 km en moyenne pour une autonomie de 275 km. Face au cador français, les deux modèles italiens peinent à convaincre. S’ils optent tous deux pour un moteur Piaggio Leader développant 15 chevaux, ils pâtissent de leur poids excessif. L’Adiva s’en sort malgré tout avec les honneurs en ville. En effet, les ingénieurs ont choisi de raccourcir sa transmission. Le scooter à toit s’élance donc promptement et ne rechigne pas trop lors des dépassements. En revanche, le manque d’allonge limite la vitesse à 104 km/h réels sur voie rapide, dommage pour un scooter doté d’une telle protection et de si nombreux rangements. On notera aussi que l’isolation offerte par l’habitacle a tendance à faire résonner intensément le son du moteur et que le poids induit une consommation, là encore, élevée (4,7 l/100 km). Le généreux réservoir offre néanmoins une bonne autonomie (310 km). Reste enfin le cas du trois-roues dont les performances sont incontestablement les moins convaincantes. Comme l’Adiva, le Piaggio avoue ses limites sur voie rapide avec une vitesse de pointe identique. Mais le MP3 y ajoute en plus des montées en régimes peu énergiques. En pratique, le conducteur a donc un peu de mal à s’extraire du trafic lorsque le feu passe au vert alors que les dépassements demandent davantage d’espace. Certes, la comparaison avec un deux-roues n’est pas forcément légitime tant le trois-roues bouleverse toutes les normes admises jusqu’ici. Pour autant, ces atouts engendrent aussi de sérieuses contreparties sur le plan des performances. Sa consommation reste également très élevée, à 5,4 l/100 km.
Tenue de route, gare aux surprises !
S’il est dépassé en termes de motorisation, le Piaggio se rattrape largement côté de tenue de route. En plus d’offrir un confort « royal », ses deux roues avant inclinables doublent la surface de contact au sol par rapport à l’unique pneumatique d’un scooter traditionnel et renforcent nettement l’équilibre, la stabilité et la rigueur du train avant. Au final, le trois-roues impose donc de nouvelles références que ce soit au freinage, en virage ou à vive allure. Les adeptes de la conduite sportive devront toutefois se méfier car le trois-roues à tendance à sous-virer en entrée de virage et sa garde au sol est limitée. Enfin, il faudra également redoubler d’attention sous la pluie. En l’absence de toute forme d’assistance, les deux roues avant peuvent ainsi perdre l’adhérence en cas de freinage d’urgence ou d’inclinaison trop prononcée. Les dérobades de la roues arrière à l’accélération ne sont pas non plus exclues. Plus proche d’un deux-roues traditionnel, le Satelis compressor Urban demeure malgré tout une valeur sûre. On apprécie d’abord son système de freinage ABS/PBS un peu brutal à l’usage car très mordant, mais idéal pour équilibrer le scooter, et surtout éviter les blocages de roues au freinage, une des principales causes de chute en deux-roues. Rappelons que seul le Peugeot et le Honda S-Wing sont équipés de l’ABS chez les scooters 125. Côté tenue de route, le Satelis offre un bon compromis agilité/stabilité. Son train avant léger permet de se faufiler facilement sans pour autant perdre sa rigueur en virage ou sur voie rapide. En revanche, le poids du compresseur accentue les masses sur l’arrière et la précision de conduite en pâtit un peu en conduite soutenue. Malgré tout, cela n’enlève rien à ses qualités au quotidien, à l’inverse de ses suspensions sèches qui pénalisent le confort. Reste enfin l’Adiva qui peine un peu à convaincre à l’usage. En plus d’un équilibre précaire lié à son toit, ses grandes roues de 14 pouces et son diamètre de braquage important nuisent à la maniabilité en ville. Sur routes sinueuses, il s’inscrit en virage en deux temps. Il tombe d’abord très rapidement au début du virage, puis se montre plus réfractaire à s’incliner lorsqu’on approche de l’inclinaison maximale. Enfin sur voie rapide, on subit l’effet de son importante prise au vent qui provoque quelques turbulences inopinées en fonctions du sens du vent. Bref, l’AD 125 manque cruellement d’homogénéité et réclame un peu d’expérience, mieux vaut le savoir !
Peugeot Satelis Compressor Urban 125
4 949 €
+
Performances moteur
Espace à bord
Freinage ABS
-
Capacité du coffre
Suspensions fermes
Moteur bruyant
Piaggio MP3 125 Roll Lock
5 630 €
+
Confort
Freinage sur le sec
Tenue de route
-
Poids élevé
Performance moteur
Maniabilité
Adiva AD 125
4 990 €
+
Protection
Rangement/Equipement
Moteur vif
-
Espace à bord
Vitesse de pointe
Tenue de route/Maniabilité
Trois concepts et un seul but, se distinguer !
Béquillé devant la rédaction de scooter-infos, notre trio offre une vision plutôt décalée des scooters d’aujourd’hui. Visuellement, le Piaggio MP3 sort du lot. Avec ses deux roues avant, l’italien se positionne presque comme un type de scooters à part entière. Malgré tout, cette partie-cycle inédite est enveloppée dans un habillage toutefois classique. Que ce soit en termes de style ou de gabarit, le trois-roues reste quasiment comparable à un gros GT classique. Dans cette version « Roll Lock » (blocage des suspensions), le Piaggio est en revanche le plus coûteux de ce comparatif et s’échange contre 5 630 €. Tout aussi surprenant, l’Adiva se met en évidence par son imposant carrossage. Équipé d’un pare-brise haut et d’un toit rétractable façon cabriolet, il propose une protection « intégrale » et reste l’unique représentant des scooters à toit depuis la retraite du BMW C1. À la différence de l’allemand, l’italien impose tout de même le port du casque. Cette nouvelle version remise au goût du jour l’an dernier est affichée à 4 990 €. Moins atypique dans sa forme, le Peugeot Satelis Compressor Urban dissimule ses atouts derrière une plastique plutôt traditionnelle puisque seules ses larges écopes arrière le différencient du modèle standard. Et pourtant, Peugeot est le premier constructeur à avoir implanté un compresseur sur un scooter de série. S’il reste accessible avec un simple permis auto de par sa cylindrée, le « K » distille dans le même temps des accélérations supérieures à ses concurrents 125. Enfin, la finition « Urban » comprend un système de freinage avec couplage avant/arrière et anti-blocage de roue ABS, élément de sécurité indiscutable, et encore rare dans cette cylindrée.
Des avantages, mais aussi des concessions
Avant même de comparer ces scooters en dynamique, il convient d’abord d’étudier s’ils conservent réellement tous les atouts propres aux GT. Et de ce point de vue, l’Adiva se met clairement en évidence. En plus de sa protection inégalable, le scooter à toit propose aussi une multitude de détails qu’apprécieront les adeptes du genre. On y trouve par exemple deux espaces de rangement. Le premier est un petit coffre traditionnel situé sous la selle, le second, une vaste soute implantée à l’arrière du scooter. Destiné à accueillir le toit lorsqu’il est replié, ce grand compartiment offre une capacité d’emport record en configuration « capoté » ou lorsqu’on démonte complètement le toit en saison chaude. On y loge 3 casques modulables ou un sac de voyage, un vrai bonheur ! Si le bloc compteur manque de modernité, on profite de nombreux équipements autour du guidon : essuie-glace, prise 12 v, feux de détresse, extracteurs d’air chaud, trois vide-poches et même des emplacements pour un autoradio et des haut-parleurs. De son côté, le Piaggio MP3 fait dans le traditionnel. Le coffre à double ouverture inspiré du X8 offre une bonne contenance (un intégral et un jet-écran) tandis que la selle et le hayon arrière se déverrouillent à distance à partir de la clé. Le bloc compteur très lisible accueille un ordinateur de bord complet (heure, température extérieure, totalisateurs kilométriques partiels…). Seul regret, on ne trouve ni vide-poche, ni boîte à gants autour du guidon, et l’italien pâtit surtout de son pare-brise court, indigne d’un vrai GT. Reste enfin le Peugeot qui propose pour sa part un pare-brise bien mieux dimensionné, mais aussi tous les éléments essentiels d’un scooter « Grand Toutisme » : grand vide-poche à clé, petit espace de rangement sur le guidon, tableau de bord moderne et complet, crochet rétractable sur le tablier, feux de détresse, béquilles centrale et latérale... Malheureusement, les choses se corsent à l’observation du coffre. Le massif moteur-compresseur ampute sur le volume de rangement initial du Satelis. On ne loge au final qu’un petit casque intégral, soit une capacité vraiment réduite. Question équipement, protection et rangement, seul l’Adiva en offre réellement davantage qu’un GT traditionnel. Les deux autres modèles peinent pour leur part à atteindre les standards de la catégorie.
Des poids lourds plus ou moins accessibles
Côté prise en main, nos trois mastodontes réclament un minimum d’expérience. Sur le Satelis Compressor, on note un léger surplus de poids face au modèle standard (+ 11,5 kg), mais l’ergonomie proche d’un habituel GT rend la prise en main plus évidente. La position offerte par le français est plutôt agréable, avec un espace généreux pour étendre les jambes et une assise fine et à bonne hauteur. On lui reprochera tout juste ses suspensions assez sèches qui peinent à amortir le scooter sur chaussée accidentée. Bref, avec le Satelis, on est en territoire connu et en dehors de la sonorité « sifflante » du monocylindre suralimenté, rien n’est vraiment dépaysant par rapport à un GT classique. Le piaggio MP3 ne peut pas vraiment en dire autant. Proche de 200 kg, son embonpoint le rend d’emblée plus complexe à appréhender, en particulier pour les petits gabarits. Une fois lancé, il faut conjuguer avec un train avant assez lourd qu’on manie difficilement dans les manœuvres à très basse vitesse. Heureusement, le système de blocage des suspensions (Roll Lock) qui permet au MP3 de tenir en équilibre sur lui-même à l’arrêt facilite les choses. Lorsqu’on s’arrête à un feu rouge, il suffit de maintenir les roues droites, puis d’appuyer sur la commande blocage. Le scooter se stabilise alors sans avoir à poser les pieds au sol et à soutenir le poids du scooter, révolutionnaire ! La prise en main réclame un temps d’adaptation, mais une fois assimilé, le « Roll Lock » devient un élément de confort incomparable. De plus, le train avant gomme parfaitement les défauts de la route, si bien que toute sensation de vibration ou de choc disparaît au guidon. Le MP3 fait donc des merveilles en matière d’agrément de conduite, à la condition d’accepter la position de conduite « jambes pliées » expliquée par l’imposant train avant. Reste enfin le cas de l’Adiva de loin le véhicule le plus exigeant pour la prise en main. D’abord, le poste de commande se révèle assez étriqué. Le conducteur évolue donc avec les jambes et les bras très repliés et le passager manque sérieusement d’espace. De plus, le poids de 175 kg et le centre de gravité très haut perché ne facilitent pas les manoeuvres, le scooter ayant tendance vaciller à la moindre pression sur le guidon. Enfin, l’encombrement de l’Adiva exige une certaine attention dans le trafic saturé. Bref, l’Adiva demande une période d’adaptation avant d’évoluer en totale confiance.
Un sprinteurs et deux paresseux !
Question motorisation, le Peugeot prend nettement les devants. Avec son monocylindre suralimenté, le GT français offre des accélérations redoutables. Le couple est omniprésent et malgré sa linéarité, la montée en régime s’avère d’une vivacité redoutable. Mieux encore, la constance des performances est un vrai avantage en côte, en reprise ou en duo, exercices dans lesquels les GT classiques montrent souvent leurs limites. Enfin, les voies rapides sont avalées à une vitesse de pointe élevée, 116 km/h réels. Au final, le Satelis compresseur garantie donc un niveau de performances jamais atteint dans cette cylindrée. La consommation augmente logiquement. Comptez 4,8 l/100 km en moyenne pour une autonomie de 275 km. Face au cador français, les deux modèles italiens peinent à convaincre. S’ils optent tous deux pour un moteur Piaggio Leader développant 15 chevaux, ils pâtissent de leur poids excessif. L’Adiva s’en sort malgré tout avec les honneurs en ville. En effet, les ingénieurs ont choisi de raccourcir sa transmission. Le scooter à toit s’élance donc promptement et ne rechigne pas trop lors des dépassements. En revanche, le manque d’allonge limite la vitesse à 104 km/h réels sur voie rapide, dommage pour un scooter doté d’une telle protection et de si nombreux rangements. On notera aussi que l’isolation offerte par l’habitacle a tendance à faire résonner intensément le son du moteur et que le poids induit une consommation, là encore, élevée (4,7 l/100 km). Le généreux réservoir offre néanmoins une bonne autonomie (310 km). Reste enfin le cas du trois-roues dont les performances sont incontestablement les moins convaincantes. Comme l’Adiva, le Piaggio avoue ses limites sur voie rapide avec une vitesse de pointe identique. Mais le MP3 y ajoute en plus des montées en régimes peu énergiques. En pratique, le conducteur a donc un peu de mal à s’extraire du trafic lorsque le feu passe au vert alors que les dépassements demandent davantage d’espace. Certes, la comparaison avec un deux-roues n’est pas forcément légitime tant le trois-roues bouleverse toutes les normes admises jusqu’ici. Pour autant, ces atouts engendrent aussi de sérieuses contreparties sur le plan des performances. Sa consommation reste également très élevée, à 5,4 l/100 km.
Tenue de route, gare aux surprises !
S’il est dépassé en termes de motorisation, le Piaggio se rattrape largement côté de tenue de route. En plus d’offrir un confort « royal », ses deux roues avant inclinables doublent la surface de contact au sol par rapport à l’unique pneumatique d’un scooter traditionnel et renforcent nettement l’équilibre, la stabilité et la rigueur du train avant. Au final, le trois-roues impose donc de nouvelles références que ce soit au freinage, en virage ou à vive allure. Les adeptes de la conduite sportive devront toutefois se méfier car le trois-roues à tendance à sous-virer en entrée de virage et sa garde au sol est limitée. Enfin, il faudra également redoubler d’attention sous la pluie. En l’absence de toute forme d’assistance, les deux roues avant peuvent ainsi perdre l’adhérence en cas de freinage d’urgence ou d’inclinaison trop prononcée. Les dérobades de la roues arrière à l’accélération ne sont pas non plus exclues. Plus proche d’un deux-roues traditionnel, le Satelis compressor Urban demeure malgré tout une valeur sûre. On apprécie d’abord son système de freinage ABS/PBS un peu brutal à l’usage car très mordant, mais idéal pour équilibrer le scooter, et surtout éviter les blocages de roues au freinage, une des principales causes de chute en deux-roues. Rappelons que seul le Peugeot et le Honda S-Wing sont équipés de l’ABS chez les scooters 125. Côté tenue de route, le Satelis offre un bon compromis agilité/stabilité. Son train avant léger permet de se faufiler facilement sans pour autant perdre sa rigueur en virage ou sur voie rapide. En revanche, le poids du compresseur accentue les masses sur l’arrière et la précision de conduite en pâtit un peu en conduite soutenue. Malgré tout, cela n’enlève rien à ses qualités au quotidien, à l’inverse de ses suspensions sèches qui pénalisent le confort. Reste enfin l’Adiva qui peine un peu à convaincre à l’usage. En plus d’un équilibre précaire lié à son toit, ses grandes roues de 14 pouces et son diamètre de braquage important nuisent à la maniabilité en ville. Sur routes sinueuses, il s’inscrit en virage en deux temps. Il tombe d’abord très rapidement au début du virage, puis se montre plus réfractaire à s’incliner lorsqu’on approche de l’inclinaison maximale. Enfin sur voie rapide, on subit l’effet de son importante prise au vent qui provoque quelques turbulences inopinées en fonctions du sens du vent. Bref, l’AD 125 manque cruellement d’homogénéité et réclame un peu d’expérience, mieux vaut le savoir !
Peugeot Satelis Compressor Urban 125
4 949 €
+
Performances moteur
Espace à bord
Freinage ABS
-
Capacité du coffre
Suspensions fermes
Moteur bruyant
Piaggio MP3 125 Roll Lock
5 630 €
+
Confort
Freinage sur le sec
Tenue de route
-
Poids élevé
Performance moteur
Maniabilité
Adiva AD 125
4 990 €
+
Protection
Rangement/Equipement
Moteur vif
-
Espace à bord
Vitesse de pointe
Tenue de route/Maniabilité
Au terme de ce comparatif, il faut d’abord souligner que d’une manière ou d’une autre, ces trois modèles d’exception offrent de réels avantages à la conduite et font chacun une vraie différence face aux scooters classiques. Néanmoins, il est également important de préciser que ces atouts sont dans tous les cas obtenus au détriment d’autres choses. Ces petites concessions sont parfois faciles à solutionner par l’ajout d’accessoires (un top-case pour le Peugeot ou un pare-brise haut pour le Piaggio), mais pour certaines, elles seront irrémédiables, notamment pour tout ce qui touche aux performances, à la maniabilité ou encore à la tenue de route. Mieux vaut donc faire le point sur ses besoins avant de faire son choix. Quant à savoir si le coût élevé de ces scooters est vraiment justifiable pour le consommateur moyen, je dirais finalement que tout dépend… du consommateur ! À chacun ses priorités : performances, protection, sécurité…
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