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mis en ligne le : mercredi 23 avril 2008

Une nouveauté à tout prix ? Comparatif Aprilia Atlantic 125 / Peugeot Satelis 125 Premium / Piaggio X-Evo 125

Texte : Charles-Antoine | Photos : Mecamix
Toujours nombreuses chaque année, les nouveautés semblent faire recette à en croire le classement des meilleures ventes de scooters ! Est-il pour autant judicieux de s’orienter systématiquement vers les nouveaux modèles quand certains scooters « d’ancienne génération » sont affichés à des tarifs bien plus abordables ? Voici quelques éléments de réponse avec ce comparatif de scooters GT 125, instructif à bien des égards. En lice : l’aprilia Atlantic qui fête ses 5 ans, face au Peugeot Satelis Premium (2 ans) et le Piaggio X-evo (1 an)…
Apparus respectivement en 2006 et 2007, les Satelis et X-Evo trônent dans les hauteurs du classement des ventes de scooters 125. Ces derniers-nés dans ce segment des GT sont représentatifs des dernières tendances de la catégorie. Affichés à des prix assez élevés (3 799 € pour le Peugeot et 3 749 € pour le Piaggio hors promo), ils peuvent parfois refouler les petites bourses, surtout en comparaison de GT plus anciens et plus abordables comme l’Aprilia Atlantic 125 affiché à 3 399 €, mais que l’on peut négocier bien en dessous actuellement. Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur cette différence de prix. Est-elle réellement justifiée par la technologie embarquée, le confort ou encore les performances, ou l’effet « nouveauté » joue-t-il en faveur des derniers arrivants ?

Des nouveautés mieux équipées
Au premier regard, les différences entre nos trois modèles ne sautent pas aux yeux. Évidemment, le style diffère d’un modèle à l’autre. Le Satelis opte, par exemple, pour des lignes tranchantes, tandis que les deux Italiens revêtent une robe beaucoup plus sobre, plutôt sportive pour l’Atlantic avec son regard agressif, et luxueuse pour le X-Evo et ses chromes étincelants. Malgré ces spécificités esthétiques, il faut avouer que notre trio est plutôt homogène en termes de gabarit. Tous cossus et dotés d’imposants pare-brises, ces trois modèles jouent incontestablement dans la même catégorie et l’Aprilia n’a rien d’obsolète ni dans le style, ni même dans la finition. Le propre d’un scooter GT est d’offrir une foule d’équipements et nos trois vaisseaux ne dérogent pas à la règle (béquilles centrale et latérale, crochet accroche-sac, prise 12 v…). Et pourtant, c’est à ce niveau que les deux nouveautés se mettent en évidence avec des équipements spécifiques que l’on ne retrouve pas sur l’Aprilia (clé codée, feux de détresse...). Le constat s’aggrave encore à l’observation des coffres. Le Peugeot avale deux casques intégraux tandis que le Piaggio loge un intégral et un jet-cran. Et plus que leur capacité, c’est par leur praticité que les deux nouveautés impressionnent, à commencer par le Français dont la malle se lève automatiquement une fois déverrouillée (au contacteur, même moteur tournant !). De son côté, le Piaggio lui répond par un coffre à double accès (type X8) très pratique et qui peut accueillir de longs objets. On note également que la clé fait office de télécommande d’ouverture du coffre à distance, astuce que l’on retrouve en option sur le Peugeot moyennant 65 €. Face à eux, l’Aprilia prend un sérieux coup de vieux ! D’abord, son coffre ne contient qu’un casque jet-écran et quelques affaires, mais pire encore, le système d’ouverture est confié à une serrure séparée d’un autre temps. Il est donc impératif de couper le contact, de béquiller le scooter et d’introduire la clé dans la seconde serrure située sur le flanc arrière gauche pour accéder au coffre. L’instrumentation est un autre élément révélateur. Si l’Aprilia propose toutes les informations nécessaires, la présentation ne fait pas dans le modernisme. Cadrans à aiguilles austères, totalisateurs kilométriques à rouleaux ou minuscule écran digital pour l’heure, voilà qui tranche nettement avec les ordinateurs de bord de nos deux nouveautés qui affichent au passage un niveau d’information supérieur (témoin d’entretien, température extérieure…). L’Aprilia se rattrape tant bien que mal avec son porte-paquet et sa vaste boîte à gants (seulement un grand vide-poche pour le Peugeot et petit pour le Piaggio). Mais rien n’y fait, l’Atlantic paye ici son manque d’évolution depuis quasiment 10 ans face à deux concurrents particulièrement aboutis.

Aux petits soins, même pour les grands !
Heureusement, si l’équipement est un facteur important dans le choix d’un scooter GT, il ne s’agit pas non plus de la seule donnée à prendre en considération. Ainsi l’Aprilia se rattrape au chapitre confort. Evidemment, de par leur statut de GT, nos trois modèles proposent un agrément de conduite remarquable. Cela dit, quelques détails permettent de distinguer les qualités de chacun. Comme le Satelis, l’Aprilia propose ainsi un plancher très étiré qui permet d’étendre les jambes à souhait. Les plus grands conducteurs y trouveront leur compte, le reste est une question de choix. La selle de l’Atlantic est large, assez plate et très moelleuse pour un confort maximum. Celle du Peugeot est plus fine sur sa partie avant et étagée, une forme qui a le mérite d’offrir un bon maintien pour le dos, mais qui expose davantage le passager aux turbulences. De son côté, le X-Evo possède un plancher bien plus court qui impose de plier davantage les jambes (pour ceux qui mesurent plus d’1m75). De plus, si le passager profite de la selle rallongée par rapport au X8, et de l’ajout du dossier passager de série, la place qui lui est destinée est un peu juste face à ses deux rivaux du jour. En termes d’ergonomie et de confort, l’Aprilia reste donc parfaitement dans le coup. Enfin, une fois lancés sur les voies rapides, les trois GT protègent efficacement, avec une préférence pour les deux Italiens dont le pare-brise est plus large que celui du Français, doté d’une partie avant fine et racée.

Papy fait de la résistance !
Même si leur gabarit est imposant par rapport aux petits scooters de ville, nos trois GT s’en sortent avec les honneurs en milieu urbain. Le Satelis profite d’un diamètre de braquage réduit et d’un train avant léger, bien utile pour se faufiler entre les voitures. L’Atlantic jouit pour sa part d’une selle basse, idéale pour les arrêts répétés ou pour répartir les masses au plus bas, afin de stabiliser au mieux le scooter. Le Piaggio est également très maniable et n’éprouve aucune difficulté à effectuer les gymkhanas de la vie quotidienne. En termes de maniabilité, nos trois modèles sont donc assez proches. En revanche, côté motorisation et lorsque le feu passe au vert, c’est l’Atlantic qui met tout le monde d’accord à la grande surprise générale. Rappelons en effet que malgré ses quelques années d’ancienneté, l’Aprilia adopte le même moteur Leader à carburateur que le X-Evo, Piaggio n’ayant guère évolué à ce sujet depuis quelques années. Ce dernier conserve en plus le trou au démarrage que l’on retrouvait déjà à l’époque des X8 alors qu’Aprilia semble avoir résolu le problème. Au final, et malgré les années qui les séparent, les deux véhicules offrent donc des reprises et des vitesses de pointe quasiment similaires (112 km/h réels). De son côté, le Peugeot jouit d’un bloc moteur plus moderne avec une alimentation par injection électronique. Moins gourmand et pratiquement aussi performant que l’Aprilia à l’accélération, le Satelis prend une légère longueur d’avance sur voies rapides avec 114 km/h réels. En revanche, son manque de souplesse à très bas régimes et son niveau sonore élevé le rendent moins agréable en utilisation urbaine.

Les nouveautés dépassées au freinage…
Au chapitre de la tenue de route, nos trois GT font à peu de choses près jeu égal. Dans la nuance, le Satelis se caractérise par son train avant assez léger qui se traduit par une réactivité immédiate, notamment dans les enchaînements de petits virages. En revanche, il y perd (légèrement !) en stabilité dans les grandes courbes. À l’inverse, l’Aprilia est d’une rigueur absolue, mais demande un peu plus d’effort en ville ou dans les placements en entrée de virage. De son côté, le X-Evo est le plus neutre du trio, à la fois facile à positionner et très stable. Pourtant et une fois de plus, l’Aprilia se met en évidence. De nos trois GT du jour, il est en effet le seul à proposer une assistance au freinage de série grâce à son couplage des freins avant et arrière. Lorsque l’on saisit le levier gauche, les deux disques sont sollicités simultanément, ce qui évite de répartir soi-même la force de freinage et qui garantit une répartition optimale des masses. De son côté, le Peugeot, ici testé dans sa version standard (Premium), propose un freinage classique toutefois assez efficace. Rappelons cependant que le GT français est aussi disponible en version ABS (avec couplage et antiblocage de roue) dans sa version « Executive » proposée à 610 € de plus ou Urban à 500 €. Vient enfin le cas du Piaggio qui ne propose aucune forme d’assistance, que ce soit de série ou en option. Cette absence est difficile à comprendre pour ce véhicule qui est le plus récent de notre comparatif. Le freinage n’en reste pas moins efficace grâce à une franche attaque. En revanche, la fermeté des leviers rend le dosage particulièrement difficile, ce qui ne met pas toujours en confiance, en particulier sur sol humide.

Méfiez-vous des idées reçues
« C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes », à quelques détails près, cet adage populaire pourrait ponctuer de fort belle manière notre comparatif. Il convient toutefois de nuancer les choses puisque nos nouveautés se mettent tout de même en évidence par leurs équipements « dernier cri » et leurs astuces bien pratiques au quotidien. En outre, la même problématique traitée avec des modèles différents aurait peut-être conduit à un autre résultat. Reconnaissons toutefois que dans le cas présent, l’Aprilia tire très bien son épingle du jeu, rappelant au passage que les nouveautés ne sont pas toujours les scooters au meilleur rapport qualité/prix, d’autant que la décote peut être rapide car ces modèles subissent généralement des remises à niveaux tarifaire s’ils ne rencontrent pas le succès escompté.


Aprilia Atlantic 125
3 399 €

Les points forts
- Freinage couplé
- Moteur
- Prix

Les points faibles
- Instrumentation obsolète
- Ouverture du coffre


Peugeot Satelis 125 Premium
3 799 €

Les points forts
- Vitesse de pointe
- Injection/consommation
- ABS disponible en option

Les points faibles
- Moteur bruyant
- Prix élevé
- Protection


Piaggio X-Evo 125
3 749 €

Les points forts
- Instrumentation
- Volume du coffre
- Confort

Les points faibles
- Prix élevé
- Pas d’assistance au freinage
- Trou à l’accélération


Lien vers essais Solo :
Peugeot Satelis 125
Piaggio X-evo 125
Aprilia Atlantic 125
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