Dossier
mis en ligne le : jeudi 10 avril 2008
Piaggio MP3 400 contre Gilera 500 Fuoco

Après le succès des Piaggio MP3 125 et 250, le groupe italien s’attaque au marché des maxi-scooters avec son concept à trois roues. Parce que cette clientèle est bien plus hétérogène par nature, Piaggio a choisi de diversifier son offre en proposant deux modèles bien distincts. Le MP3 400 et le Fuoco 500 sont donc deux interprétations possibles du trois-roues de grosses cylindrées. Reste à savoir laquelle vous ira le mieux...
Photos | Vidéo
De prime abord, la différence entre le Fuoco et le MP3 saute aux yeux tant les deux modèles s’opposent en termes de style. D’un côté, le Fuoco 500 met en avant sa ligne dépouillée et tranchante, assez proche des quads les plus agressifs, se donnant aussi des airs de SUV. Pourtant, le plus puissant des « trois-roues » reste bel et bien pensé pour la route comme en témoigne sa face avant percée de cinq phares. De son côté, le MP3 400 jouit d’un style « galbé » plus classique que l’on connaissait déjà sur ses aînés 125 et 250. On retrouve donc un imposant tablier orné de deux optiques en amandes et une partie arrière plus proéminente. Mais plus qu’une question de goûts, ces deux silhouettes ont aussi une incidence directe sur les aspects pratiques. Aux côtés sportifs du Fuoco, le MP3 rétorque ainsi par son ingéniosité au quotidien. On y retrouve par exemple l’astucieux coffre à double ouverture type XEvo, capable d’avaler un casque intégral et un casque jet, alors que le Fuoco se contente d’un espace plus classique et plus restreint (un jet-écran). Dans le même esprit, le Piaggio hérite d’un tablier plus large et d’un pare-brise un peu plus haut que le simple saute-vent opaque du Gilera. Si la protection en ressort sensiblement meilleure, le torse et la tête restent encore très exposés. Autant dire que dans les deux cas, les pare-brises hauts (en option) sont de rigueur. Enfin, dernier atout du MP3, le passager profite du support des poignées pour se caler durant les phases d’accélération alors que la selle du Fuoco ne dispose d’aucune solution de maintien. Les deux véhicules proposent en revanche une ergonomie générale assez proche et une instrumentation quant à elle strictement identique. Si le conducteur est positionné sensiblement plus en hauteur sur le MP3 (selle et guidon un peu plus élevés), on retrouve dans les deux cas la posture typique des trois-roues avec les jambes pliées à 90° sur le plancher court, avec le buste droit.
Voir les essais solo respectif :
Piaggio MP3 400 et Gilera 500 Fuoco
La belle et la bête !
Si l’esthétique et l’équipement dessinent déjà une première opposition entre nos deux modèles, les caractères s’affirment encore un peu plus à la mise en route des moteurs. Le Fuoco est propulsé par le bloc Master 500 de dernière génération et affiche une belle puissance de 40 chevaux. Mais plus que ces chiffres, le ressenti au guidon fait transparaître un caractère assez brut. Les vibrations sont plus présentes que sur le MP3, et le moteur répond instantanément à la moindre sollicitation de la poignée d’accélérateur. Le Fuoco s’élance donc promptement et dans un parfum de sportivité qu’apprécieront les habitués des motos « grosses cylindrées ». De son côté, le MP3 hérite d’un monocylindre de 400 cm3 dérivé du bloc Master, mais un peu moins puissant (34 chevaux). L’accélération est donc bien plus progressive, particulièrement au démarrage et à bas régimes, avec à la clé, une souplesse appréciable en ville, mais des performances en léger recul face au Fuoco. En outre, les vibrations sont mieux filtrées, procurant un sentiment de sérénité incomparable. Globalement, le MP3 400 apparaît donc comme étant le plus civilisé, le Fuoco le plus sportif. Reste que si la différence est flagrante au démarrage et à l’accélération, les deux véhicules affichent finalement des vitesses de pointe assez proches, une fois lancés avec un léger avantage pour le Gilera (144 km/h réels). Le MP3 ne rend que 2 petits km/h au Fuoco, mais se rattrape néanmoins par son agrément de conduite avec moins de vibrations et une meilleure protection. Le Piaggio tire également partie de son moteur plus sage en termes de consommation puisqu’il n’engloutit que 6,1 l/100 km en moyenne contre 7 pour le Gilera. Remarquez au passage que comme pour le MP3 125, les maxis à trois-roues se montrent un peu moins performants et un peu plus gourmand qu’un scooter classique de même cylindrée, contrepartie logique de leur poids élevé.Trois-roues « XXL»
Côté conception, les Fuoco et MP3 héritent tous deux d’une roue arrière plus grande (14 pouces au lieu de 12 sur les MP3 125 et 250) et d’un châssis rallongé, de quoi s’adapter au surcroit de puissance offert par leurs blocs moteur respectifs. Globalement, on retrouve sur les deux modèles les atouts offerts par le concept « trois-roues ». Le système de blocage des suspensions permet de tenir en équilibre à l’arrêt sans poser les pieds au sol tandis que le train avant brille par sa précision de placement et sa stabilité en virage. Le freinage est toujours aussi impressionnant pour une sensation de sécurité inégalable. Il faudra toutefois se méfier de l’embonpoint de nos deux maxis qui prennent encore quelques kilos face à leurs aînés de plus petites cylindrées. Les manœuvres à basses vitesses ou les freinages appuyés en virage réclament plus que jamais l’attention du conducteur et une bonne poigne pour éviter les mauvaises surprises. S’ils sont comparables en termes de qualités dynamiques, quelques nuances apparaissent toutefois lorsque l’on passe du MP3 400 au Fuoco. Il faut dire qu’outre l’écart de poids (6 kg en faveur du MP3), les suspensions du 400 sont assouplies et la répartition des masses évolue sensiblement. Cela se traduit en pratique par un train avant plus léger sur le Piaggio que sur le Gilera. Le MP3 400 se montre logiquement bien plus agile dans les gymkhanas urbains, mais légèrement moins précis et rigoureux que le Fuoco dans les virages abordés à bon rythme. Le Piaggio semble également plus sensible sur routes accidentées, avec une tendance à se désunir plus facilement en cas de raccords ou de bosses absorbés en plein virage. Voir les essais solo respectif :
Piaggio MP3 400 et Gilera 500 Fuoco
Proches dans leur conception, le Piaggio MP3 400 et le Gilera Fuoco 500 affirment pourtant leurs différences au fil des kilomètres. Sportif et sensationnel, le Fuoco s’adresse plutôt à une clientèle de passionnés à la recherche d’un engin viril taillé pour les routes sinueuses et les séances d’accélérations musclées entre deux feux rouges. Plus civilisé à tous points de vue, le MP3 se veut plus consensuel et polyvalent pour allier avec brio quotidien et loisir en trois-roues. Et la différence entre ces deux-là est bel et bien philosophique puisque les tarifs sont finalement assez proches, à l’avantage du MP3 (500 euros de moins). Sommes toutes, en jouant la stratégie de la diversification, le groupe italien élargit encore un peu plus la portée de son trois-roues. Plus atypique, le Fuoco semble rencontrer moins de succès au terme de l’année 2007 mais il faut dire que les concessions Piaggio sont aussi plus nombreuses que les Gilera.
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