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mis en ligne le : mardi 01 avril 2008

Monaco se met au vert !

Texte : Julien | Photos : Mecamix
Pour la troisième année consécutive, le salon Ever-Monaco se tenait du 27 au 30 mars dernier en principauté. Destiné à promouvoir toutes les formes d’énergie renouvelable, le salon comptait notamment de nombreux représentants du monde du deux-roues électrique. L’occasion pour scooter-infos de faire le point sur cette énergie prometteuse.
Premier constat à notre arrivée au célèbre Grimaldi Forum, parmi toutes les formes d’énergie renouvelable, l’électrique semble la plus adapté aux deux-roues. De l’aveu même des constructeurs automobiles et de deux-roues ou encore des associations spécialisées, il semble bien que l’hydrogène ou le gaz naturel pose pour le moment trop de problèmes pour les deux-roues : stockage difficile par manque de place, problème d’inflammabilité en cas de chute... Pour toutes ces raisons, et lorsqu’on tient compte de la faible puissance nécessaire pour propulser les deux-roues les plus légers (50 ou 125 cm3), l’énergie électrique se présente effectivement comme la solution idéale. Reste alors à en définir la forme exacte. Nos prises de contact avec les quelques modèles commercialisés l’ont en effet clairement démontré, les deux-roues 100 % électriques semblent encore trop limités pour égaler les deux-roues thermiques au quotidien. Mais ce triste constat ne doit pas pour autant effacer les espoirs qui reposent sur cette technologie propre et renouvelable, notamment pour le transport urbain. Car dans l’ombre des grands constructeurs, réticents à s’investir pleinement dans le domaine, les précurseurs de l’électrique travaillent constamment pour améliorer les choses. Le salon de Monaco est sans aucun doute le bon endroit pour mesurer les progrès accomplis. Et même si le « grand public » ne semble pas encore aussi réceptif que les médias à la question des énergies renouvelables, l’Ever-Monaco a au moins le mérite de créer des interactions entre les professionnels de ce milieu, et c’est déjà ça !

V.A.E, le vélo citadin fait recette
On y découvre en premier des vélos à assistance électrique toujours plus aboutis. Il faut dire que la solution séduit de plus en plus. Les revendeurs français commencent à écouler des quantités non négligeables comme nous précise Serge Debeau, créateur et gérant de la société ISD : « Au départ, notre société est spécialisée dans les motorisations électriques au sens large. À la fin des années 90, nous avons conçu notre premier vélo à assistance électrique, mais le marché était alors très limité. Depuis, les choses ont évolué, et nous produisons et vendons désormais près de 300 unités par mois ». Preuve de l’engouement du public et des collectivités, certaines grandes municipalités comme Monte-Carlo ou Montpellier étudient la possibilité de s’équiper de V.A.E pour mettre en place un système comparable au Vélib’ parisien, mais en version électrique. D’autres grandes entreprises comme La Poste devraient également s’orienter des flottes pour remplacer leur parc de vélos. Côté constructeurs, les V.A.E se développent et se diversifient. On en trouve désormais pour tous les goûts et toutes les bourses (de 800 à 3 000 €). Certains V.A.E utilitaires apparaissent même au catalogue, à l’image du Cyclotron, une sorte de « Taxi-Tuk Tuk » à assistance électrique, dont le design très futuriste ferait merveille dans les capitales européennes. Enfin, la société Scorpa, jusqu’ici connue pour ses motos de trial ou d’enduro, profitait du salon de Monaco pour annoncer la création d’une filiale baptisé SEV et destinée à commercialiser tout une gamme de deux-roues électrique tout terrain. La première mouture était d’ailleurs présentée à l’occasion de l’Ever-Monaco et pourrait arriver avant la fin de l’année en série. L’E-tricks se présente ainsi comme un gros VTT électrique que la firme voudrait commercialiser aux alentours de 1500 €. Mais ne vous y trompez pas, avec son moteur de 1000 W actionné par un accélérateur, il n’a rien d’un V.A.E (limité à 250 W) et s’affiche comme le premier cyclo électrique tout terrain (équivalent à un scooter 50, casque et assurance obligatoires). La conception du E-Tricks est très soignée, à l’image de son cadre en alu de grosse section, de ses suspensions entièrement réglables ou encore de son système de freinage hydraulique. Certaines solutions techniques sont très bien pensées comme le système de double batterie (une amovible et une fixe intégrée dans le cadre), ou encore la transmission finale par courroie crantée qui fait le lien entre la roue arrière et le moteur, intégré dans le cadre. Par le biais de sa filiale SEV, Scorpa semble vraiment s’investir sur le segment de l’électrique et vise à terme le développement d’une gamme complète à travers trois axes : cyclos pour ado, motos de trial et motos d’enduro.

Des scooters électriques en progrès
Quoi qu’il en soit, et contrairement au V.A.E qui semblent véritablement exploser en cette année 2008, les cyclos et scooters électriques sont encore freinés par une technologie perfectible. Seuls des modèles propulsés par des moteurs de moins de 4 000 W (équivalent à un scooter thermique de 50 cm3, limité à 45 km/h) sont actuellement commercialisés en France. Or, il faut reconnaître que leur rapport performance/prix/autonomie les dessert face aux scooters thermiques équivalents, tandis qu’à performances quasiment égales, la législation favorise plutôt les V.A.E. (pas de casque, pas d’assurance). Pour répondre au problème, la plupart des importateurs/constructeurs de scooters électriques présents à l’Ever-Monaco travaillent pour trouver des solutions solutions. À titre d’exemple et comme d’autres constructeurs ou importateurs, Sweet Elec déclinera son nouveau modèle E-Max en cinq versions différentes. Les versions les plus simples seront équipées de quatre batteries au Silicone (40 ou 60 A) pour une autonomie de 50 ou 80 km. Une seconde gamme de E-Max équipés de batteries au Lithium-Ion (40, 60 ou 90 A) sera également développée pour proposer des autonomies de 90 à 140 km. En ce qui concerne les performances, certains constructeurs comme Io-Scooter présentait des modèles équipés de deux moteurs pour plus d’énergie à l’accélération. D’autres exhibaient purement et simplement des scooters plus imposants dotés de moteur de plus de 4 000 W. Soit une équivalence aux scooters thermiques de 125 cm3, capable selon eux d’atteindre des vitesses de pointe de 90 km/h. Reste que tous ces véhicules ne sont pour le moment que des modèles d’exposition. Dans le cas du E-Max, seule les deux versions de base au Silicone seront disponibles dans un premier temps, et facturées de 3 250 à 3 490 € tout de même. On ose à peine imaginer le prix des versions plus abouties, pour une vitesse qui ne dépassera pas 45 km/h en tout état de cause ! Pour les quelques modèles équivalents aux 125 thermiques, aucune date de sortie et aucun prix ne sont encore officialisés, mais il faut s’attendre à des tarifs élevés, de l’ordre de 6 000 à 7 000 € pour une arrivée probable dans le courant de l’année 2009.

Des raisons d’espérer
Seule petite lueur d’espoir dans ce contexte incertain, le très attendu GT Vectrix pourrait prochainement arriver en France puisqu’un importateur serait actuellement en négociation pour la commercialisation sur le territoire français. Rappelons que le Vectrix offre un vrai gabarit de GT pour des accélérations dignes d’un scooter 250 cm3 et une vitesse de pointe annoncée à 100 km/h. Seul problème pour ce scooter considéré par la loi comme un modèle 125, la marque annonce une autonomie de 100 km, mais à une vitesse moyenne de 40 km/h. Il faudra donc un test en condition réelle (bientôt programmé sur scooter-infos) pour mesurer toute la pertinence du modèle américain. Pour information, le Vectrix est actuellement vendu un peu plus de 7 000 € au Royaume Unis. Autre Point encourageant, le groupe Piaggio a officialisé le lancement de son MP3 Hybride pour l’an prochain. Le trois-roues italien sera propulsé par deux moteurs, dont un bloc électrique qui pourra fonctionner de manière autonome en cycle urbain (jusqu’à 25 km/h), ou seconder le moteur thermique à plus vive allure. Comme dans l’automobile où la technologie hybride s’impose peu à peu en attendant les voitures 100 % électrique, le modèle Piaggio pourrait assurer l’intérim en attendant que les scooters 100% électriques soient plus compétitifs. Les professionnels de l’automobile s’accordent ainsi à dire que le développement de la technologie hybride participe à la démocratisation de l’électrique et permet surtout de réduire les coûts des composants (batteries, moteurs…). Dans ce contexte, on regrette donc que Piaggio soit le seul grand constructeur à oser commercialiser un scooter hybride. Comme le précise Bruno Causse, dirigeant de la société française ADS technologie : « les technologies existent et sont au point. Chez nous, nous avons développé un système de motorisation hybride viable sur la base d’un Peugeot Vivacity 50 et déclinable sur d’autres motorisations. Mais ce qu’il manque aujourd’hui, ce sont surtout les financements et l’investissement des grandes marques pour finaliser le développement et vulgariser cette technologie ».
Conclusion
Une prise de conscience nécessaire ! S’il est nécessaire, l’investissement des constructeurs ne sera pourtant pas suffisant pour faire évoluer les choses. Le grand public devra également accepter l’idée de faire quelques sacrifices pour favoriser l’apparition des énergies alternatives. Et de ce point de vue, le salon Ever-Monaco était tristement révélateur du manque d’intérêt général pour les nouvelles énergies. Alors que les grands médias s’étaient tous donnés rendez-vous au célèbre Grimaldi Forum de Monaco au nom de la bonne conscience collective, le public n’a manifestement pas répondu à l’appel, tout au mois durant la première journée d’exposition à laquelle nous avons assisté. Le tapage médiatique autour de l’écologie masquerait-il une autre réalité ? La réponse n’est évidemment pas si simple, mais mérite tout de même réflexion. L’apparente opulence d’une principauté monégasque où s’exhibe ouvertement tout ce que la société compte de signes extérieurs de richesse nous en a d’ailleurs offert une illustration flagrante de cette contradiction. À l’intérieur, les visiteurs filmés et interviewés s’extasient devant quelques moyens de transport prometteurs, mais limités, et une poignée de « concept cars » rutilants qui finiront dans des musées plutôt que sur la route. À l’extérieur, on assiste au contraire à un défilé permanent de berlines de luxe et de coupés sportifs italiens dont les rejets polluants n’ont que peu d’équivalent. Dans ce contexte, difficile de croire que la société actuelle est véritablement prête au changement. Heureusement, le prix du carburant en constante hausse devrait tôt ou tard pousser au changement.
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