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mis en ligne le : mardi 25 mars 2008

L’année des scooters 125 Grandes Roues ?

Texte : Julien | Photos : Mecamix
Segment de plus en plus en vogue, même si l’on atteint pas encore l’engouement italien, les scooters à grandes roues se caractérisent par la taille généreuse de leurs gommes qui leur procurent une rigueur de tous les instants et un meilleur confort sur les pavés des cités. Preuve du dynamisme de cette catégorie, trois nouveautés ont vu le jour cette année chez Peugeot, MBK-Yamaha et Aprilia ; l’occasion pour Scooter-infos de dresser un petit état des lieux…mesures à l’appui !
Longtemps boudés en France, les scooters à grandes roues sont pourtant majoritaires depuis toujours en Italie et en Espagne. Il faut dire que les routes accidentées d’Europe du Sud permettent d’apprécier à leurs justes valeurs la stabilité et la capacité à absorber les chocs qui les caractérisent, deux qualités que l’on ne retrouve pas toujours sur les scooters à petites roues, y compris sur les fameux GT. Les marchés ibériques et transalpins étant les deux plus importants d’Europe en termes de vente, on comprend mieux pourquoi la plupart des constructeurs proposent aujourd’hui des gammes complètes de scooters à grandes roues. Nos quatre scooters du jour (Peugeot Géopolis, Piaggio Berverly, Aprilia Scarabeo et MBK Cityliner) appartiennent à la catégorie des hauts de gamme. Comprenez par là que leur pare-brise intégré, leur imposante face avant, leur longue selle ou leur moteur à refroidissement liquide les propulsent au sommet de la hiérarchie question polyvalence et également tarif. Tous passent la barre des 3500€. Reste à savoir lequel vous ira le mieux !

Du style et de la hauteur
Premier constat à l’observation de notre quatuor, il y a en a pour tous les goûts ! Que ce soit en termes de gabarit ou d’esthétique, chacun met en avant ses particularités pour séduire. Honneur au dernier-né pour commencer, le Scarabeo. Totalement repensé cette année, le modèle 2007 se distingue très nettement de son prédécesseur. S’il conserve une ligne rondelette en référence à son histoire, l’Aprilia jouit désormais d’un gabarit plus compact et de roues plus fines qui le distinguent à bien des égards de ses concurrents du jour, se rapprochant de la star mondiale qu’est le Honda SH. Également apparu en 2007, le MBK marque le retour du constructeur franco-japonais sur le segment des grandes roues de luxe (avec son jumeau le Yamaha X-City 125). Sa ligne résolument moderne est mise en valeur par des volumes bas et assez larges et une finition particulièrement soignée. Dotés de volumes plus étroits et plus aériens, le Peugeot Geopolis et le Piaggio Beverly sont assez proches, mais s’opposent dans leur style. Présenté au printemps 2007, le Français joue la carte de l’agressivité avec un regard de félin et une ligne taillée à la serpe. Plus sobre, le Piaggio exhibe des galbes flatteurs malgré ses quelques années d’existence. Globalement, nos « grandes-roues » proposent donc des gabarits imposants et offrent une protection très correcte. Exception faite de l’Aprilia, dont l’ensemble pare-brise/tablier est vraiment trop étroit lorsque les trois autres modèles permettent d’abriter sereinement le haut du corps. Le plus efficace à ce chapitre est sans aucun doute le MBK, doté d’un pare-brise qui monte jusqu’au-dessus du casque et d’un large tablier qui abrite les jambes.

Dignes de GT… Enfin presque !
Comme les modèles GT, les « grandes-roues carrossés » offrent ce qui se fait de mieux en matière d’équipement. À titre d’exemple, nos quatre modèles sont tous pourvus d’une boîte à gants et d’un crochet accroche-sac tandis que leurs instrumentations comportent au minimum une jauge à essence et une jauge de température d’eau. À ce chapitre, ce sont le MBK et l’Aprilia qui s’illustrent avec leur compteur très complet (température extérieure, trips partiels, témoin de révision…). Le Scarabeo enfonce même le clou en proposant une commande d’affichage de l’écran digital directement sur le guidon. En revanche, on déplore l’absence de la béquille latérale sur l’Aprilia (proposée en option) et de clé codée alors que tous les autres en sont équipés. De son côté, le Piaggo se met en évidence par quelques astuces bien pensées telles que la commande d’ouverture électrique de selle sur le tablier ou la housse de selle. Il est également le seul à proposer un éclairage dans le coffre, toujours pratique en hiver. On regrette en revanche la simplicité de la planche de bord qui ne comporte même pas de totalisateur kilométrique partiel. Toujours à la pointe pour ce qui est de la sécurité passive, le Peugeot est le seul à proposer les feux de détresse et les clignotants sonores, deux détails particulièrement utiles en ville, mais aussi un ABS (en option). Enfin, malgré son bloc compteur très fourni, le MBK peine à égaler ses concurrents puisqu’il se passe de prise 12V et de porte-paquet, pourtant présents sur le trio européen. Reste enfin l’épineuse question du rangement, toujours critique sur les scooters de ce type puisque la taille des roues arrière limite le volume du coffre. Et il faut reconnaître qu’avec leurs pneus de 16 pouces (seulement 15 pour le MBK), nos quatre modèles du jour sont un peu limités question rangement, notamment face aux GT. Le Peugeot s’en tire plutôt bien avec un espace correct où un casque jet-écran et quelques affaires trouvent leur place. Le coffre du MBK est un peu moins grand, mais accueille tout de même un ½ jet ou encore une mallette de travail. Vient ensuite l’Aprilia, dont l’espace réduit est toutefois suffisant pour loger un casque ½ jet ou un ordinateur. Enfin, le Beverly est le plus mauvais élève puisque malgré la forme assez étirée de son coffre, celui-ci n’avale aucun casque (tout au moins de ceux dont nous disposons à la rédaction), mais seulement quelques affaires. Malgré les contenances moyennes, on apprécie toutefois que les quatre selles s’ouvrent à partir du contacteur et non par des serrures séparées.

Typés moto !
Une fois en selle, on retrouve globalement la posture caractéristique des modèles à grandes roues. Les selles sont assez hautes, les jambes pliées à 90° et le buste droit. Comme sur une moto, on prend donc de la hauteur avec à la clé une très bonne visibilité sur la circulation et un parfait ressenti du train avant. En revanche, inutile d’espérer étendre les jambes puisque les grandes roues avant (16 pouces) limitent la longueur des planchers. Dans le détail, on constate malgré tout que nos quatre modèles ne sont pas tous logés à la même enseigne. L’Aprilia Scarabeo est une nouvelle fois isolé du groupe. Son gabarit plus compact se traduit en effet par un poste de conduite un peu étriqué. Alors certes, il est le seul à disposer d’un vrai plancher plat, mais d’un autre côté, il y a tout juste la place pour y poser les pieds. En outre et avec de telles dimensions, l’absorption des chocs est également moins efficace. En revanche, la légèreté du Scarabeo permet de le prendre en main très facilement. Les trois autres modèles offrent un agrément de conduite comparable. Avec leurs planchers plus étirés, mais pas plats, et leurs selles étagées, le dos est bien calé et les mains tombent naturellement sur les larges guidons. La palme du confort revient au Beverly qui bénéficie d’une selle moelleuse et de suspensions particulièrement progressives. Également très bien suspendu, le Peugeot pêche par une assise un peu plus ferme tandis que le Cityliner pâtit pour sa part de suspensions arrière manquant de souplesse. À l’épreuve de la ville, on distingue d’emblée deux clans dans notre quatuor. D’un côté, l’Aprilia et le MBK bénéficient de trains avant assez légers, jouant en faveur de la réactivité. Ces deux-là n’ont donc aucune difficulté à se faufiler dans le trafic, notamment pour le MBK, ultra-précis dans les manoeuvres. Le Peugeot et le Piaggio sont pour leur part plus réticents en agglomération avec une impression de lourdeur récurrente dans le train avant. À plus vive allure, on retrouve logiquement la même fraction au sein de ce groupe. Si nos quatre modèles procurent dans l’ensemble une tenue de route appréciable grâce à leurs grandes roues, le Scarabeo et le MBK se montrent plus vifs en entrée de virage, mais aussi un peu moins rigoureux une fois inclinés, notamment lorsque le revêtement de la route se dégrade. De leurs côtés, le Geopolis et le Beverly sont un peu moins faciles à inscrire en courbe (surtout le Piaggio), mais profitent d’une stabilité exemplaire. Au chapitre freinage, l’Aprilia est le seul à proposer un couplage avant/arrière et profite également de son poids plumes pour des arrêts brefs. Dans cette version Premium, le Peugeot jouit d’un frein avant assez mordant. Les plus exigeants opteront toutefois pour la version ABS (+ 450 €) dotée du freinage ABS/PBS à la fois énergique et sécurisé, unique chez les scooter 125 à grandes roues. De leur côté, le MBK et le Piaggio ne proposent aucune assistance, mais se montrent néanmoins efficaces.

Modernes et performants
Côté motorisation, on remarque en premier que nos quatre scooters disposent chacun de moteur spécifique, Piaggio et Aprilia n’ayant pas jouer la stratégie de groupe en partageant le même moteur. Malgré cette diversité, les performances sont pourtant assez proches, pour ne pas dire identiques. En dehors du Peugeot Geopolis qui s’illustre tant en matière de démarrage que de vitesse de pointe, les trois autres modèles se tiennent dans un mouchoir de poche. Cela dit, les performances ne font pas tout, aussi est-il important de nuancer les chiffres. Car si le Peugeot est le plus rapide, il est loin d’être le plus agréable à vivre au quotidien. Outre une latence à bas régime entre action à la poignée et accélérations réelles, le monocylindre français pâtit de son niveau sonore élevé. Cela pénalise le Geopolis dans les manœuvres à basse vitesse. De son côté, l’Aprilia est équipé d’un tout nouveau bloc moteur à double arbre à came en tête, fabriqué en Chine. Celui-ci offre une vitesse de pointe correcte, mais peine à s’élancer avec un léger temps de réaction au démarrage. Enfin, les vibrations sont moins bien filtrées, pénalisant le confort de conduite. Le MBK Cityliner partage pour sa part son bloc moteur avec son frère X-City 125, un bloc très « électrique » qui a fait le succès de la paire X-Max/Skycruiser et qui monte en puissance avec linéarité. Rassurant, mais moins sensationnel que ses adversaires du jour, le Cityliner n’en reste pas moins efficace sur le papier. Le MBK peine tout juste en reprise, avec des relances un peu paresseuses aux alentours de 80 km/h, mais se rattrape par sa consommation (3,8 l/100 km). Enfin vient le cas du Beverly, qui malgré le poids des années surprend encore par son efficacité à bas et mi-régime. À la fois souple et réactif, le monocylindre est de loin le plus agréable en utilisation urbaine. Dommage que sa vitesse de pointe soit un peu en retrait, et sa consommation la plus élevée de ce comparatif, faute de recourir à l’injection, contrairement au MBK et au Peugeot.



Aprilia Scarabeo 125

Les points forts
- Maniabilité
- Plancher plat
- Instrumentation

Les points faibles
- Finition
- Protection
- Pas de béquille latérale



MBK Cityliner 125

Les points forts
- Protection
- Consommation
- Style

Les points faibles
- Volume du coffre
- Suspensions trop fermes
- Faible garde au sol



Peugeot Geopolis 125

Les points forts
- Volume du coffre
- Performances moteur
- ABS disponible en option

Les points faibles
- Finition des plastiques
- Moteur bruyant
- Latence en reprises



Piaggio Beverly 125

Les points forts
- Confort de selle
- Suspensions
- Protection

Les points faibles
- Vitesse de pointe
- Volume du coffre
- Lourdeur du train avant

Conclusion
Au terme de cette confrontation, nos quatre scooters 125 à grandes roues démontrent qu’à défaut de tenir la comparaison avec les fameux GT en matière d’agrément (rangement ou protection), ils se présentent comme une alternative viable pour ceux qui privilégient les déplacements intra-muros et cherchent une meilleure efficacité. Plus stables en virage et moins chahutés sur routes accidentées, ils permettent d’envisager le deux-roues en toute sérénité. Pour autant, tous n’ont pourtant pas la même vocation. Citadin dans l’âme, l’Aprilia Scarabeo se présente comme le modèle idéal pour les petits gabarits ou les débutant(e)s. Revers de la médaille, il n’apporte pas grand-chose de plus qu’un « grande-roue » purement urbain type Honda SH. Il est logiquement le moins coûteux de ce comparatif (3 499 €), mais reste un peu cher payé vu son manque de polyvalence. Plus homogènes, les trois autres modèles jouent clairement dans la même catégorie, mais avec des qualités différentes. Le Peugeot met en avant les performances et de la sécurité là où le MBK profite de sa maniabilité et de sa protection et le Piaggio de son précieux confort de conduite. Si le Français prend une courte longueur d’avance en termes de tarif (3 649 € dans sa version standard), la différence de prix avec le Piaggio Beverly et le MBK Cityliner reste toutefois limitée (respectivement 100 € et 241 €). Autant dire qu’entre ces trois-là, le choix s’opèrera davantage sur les qualités respectives de chacun que sur la question financière. Reste alors à définir vos priorités comme le choix d’un plus sécuritaire avec l’ABS que seul le Peugeot propose...
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