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mis en ligne le : mercredi 13 février 2008

À la recherche de la nouvelle star : Honda S-Wing 125 / MBK Skycruiser 125 / Suzuki Burgman 125

Texte : Julien | Photos : Mecamix
Depuis deux ans, le Yamaha X-Max 125 et son jumeau le MBK Skycruiser règnent en maîtres sur le marché des scooters en France. Mais chez les GT 125, il suffit parfois de peu de chose pour bousculer l’ordre établi. Or en cette année 2007, l’arrivée de deux nouveaux prétendants a changé la donne. Si le Suzuki Burgman s’est installé sur le podium, le Honda S-wing, arrivé tardivement, n’a pas encore atteint son plein potentiel.
Honda S-Wing et Suzuki Burgman… Voilà donc les deux modèles qui pourraient détrôner le duo X-Max/Skycruiser, sans oublier le nouveau Piaggio X7 qui vient juste d’arriver. La tâche s’avère toutefois ardue pour les deux challengers. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les chiffres de ventes de l’année 2006 et 2007 dans l’Hexagone. Avec plus de 10 000 exemplaires écoulés à eux deux tous les ans, le MBK et le Yamaha semblent vous avoir totalement convaincu.

Deux p’tits nouveaux aux dents longues
Mais parmi les nombreuses nouveautés 2007, nos deux outsiders tiennent une place de choix. Issu d’une lignée déjà prestigieuse, le Burgman a été totalement repensé cette année. Esthétique remise au goût du jour, nouveau moteur à injection, apparition du freinage couplé, le Suzuki a su évoluer en préservant les qualités qu’on lui connaissait depuis toujours. Il enfonce encore le clou avec un tarif très attrayant. À 3 399 euros, il est en effet, et de loin, le GT le plus abordable de ce comparatif. Pour Honda, l’approche semble légèrement différente. Sans réellement bouleverser les habitudes du constructeur japonais, le S-Wing s’inscrit tout de même dans un esprit de rupture face à son devancier, le Pantheon. Avec son imposante partie avant (pare brise fixe et non plus dépendant du guidon) et son gabarit de gros-porteur, le nouveau GT Honda joue la carte de la polyvalence pour élargir son champ d’action. Affiché à 3 990 € (on le trouve aussi à 3649€ dans bon nombre de concession), un prix identique à celui du Yamaha X-Max (MBK Skycruiser dans notre comparatif), le S-Wing ajoute néanmoins une solide corde à son arc en proposant un système d’anti-blocage de roues ABS optionnel (450 euros). Après le Peugeot Satelis, il devient donc le deuxième scooter à proposer une telle technologie dans cette cylindrée. Quant au Skycruiser, il reste fidèle à lui-même. À la croisée des chemins entre un GT, un sportif et un scooters « grandes-roues », il se distingue largement de ses concurrents du jour en termes de style et de conception.

La ville facile !
Une fois en selle, on comprend vite pourquoi les GT 125 sont les scooters les plus appréciés en France. La place est généreuse en solo comme en duo, la capacité de rangement élevée et la protection efficace, ce qui contribue à faire de ces scooters des modèles de polyvalence. Néanmoins, une opposition se dessine déjà entre le Skycruiser et ses deux rivaux. Avec ses roues imposantes (14 et 15 pouces), ses volumes aériens et son large guidon, le MBK jouit d’un style unique, qui n’est malheureusement pas sans répercussions sur l’ergonomie. La place est limitée pour les jambes et la large selle ne facilite pas la tâche aux conducteurs de petite taille. En outre, le diamètre de braquage et le poids sont les plus élevés du groupe. Autant dire que le MBK n’est pas le plus à l’aise dans les manœuvres à basse vitesse, et notamment dans un trafic très saturé. Le S-Wing et le Burgman semblent incontestablement plus appropriés pour un tel exercice. Urbains par excellence, ils offrent des volumes bas perchés et des selles accessibles (avantage au Suzuki avec 735 mm), ce qui contribue à abaisser le centre de gravité et à accroître la maniabilité. Ils profitent également de leurs petites roues (12 et 13 pouces) pour se faufiler plus facilement. Les deux scooters sont pratiquement équivalents, mais le S-Wing prend l’ascendant grâce à son diamètre de braquage très réduit. Les positions de conduite sont aussi plus proches de ce que l’on connaît habituellement sur les GT. Le S-Wing profite ainsi de son guidon bien placé pour offrir un espace agréable. En revanche, son plancher court empêche d’étendre véritablement les jambes. Inversement, le Burgman opte pour un plancher plus étiré, mais son guidon très proche du conducteur offre au final une position un peu étriquée qui limite la liberté de mouvement.

Urbain ou polyvalent ?
La vocation urbaine du Suzuki et du Honda est encore plus flagrante lorsque l’on compare les motorisations de nos trois GT. Bien sûr, les trois monocylindres sont tous modernes de conception et dotés d’une alimentation par injection. Ils répondent donc aux normes anti-pollution en vigueur (Euro 3) pour des consommations raisonnables, toutes sous la barre des 4l/100 km avec un Honda qui remporte la palme avec seulement 3,2 l/100 km. Pour autant, les caractères sont révélateurs du positionnement de chacun. En termes de démarrages et d’accélération, c’est le Burgman qui tire le mieux son épingle du jeu. Il s’élance instantanément et conserve une certaine fougue jusqu’à 80 km/h. Il est talonné de près par le Skycruiser qui distille des montées en régimes plus linéaires, mais pas moins efficaces, tout comme le Honda, qui n’est pas en reste question démarrages. De toute évidence, ce n’est donc pas en ville que la différence est la plus flagrante. Il faut attendre pour cela les premières voies rapides. Et de ce point de vue, le MBK prend une nette longueur d’avance. Capable d’atteindre 117 km/h réels, il est de loin le plus rapide du trio. Le Suzuki figure en deuxième position avec une vitesse bien plus limitée de 108 km/h. Il devance de peu le S-Wing qui se contente de 106 km/h, mais ce dernier se rattrape en reprises. A souligner également, sa protection est très efficace, à l’instar du Skycruiser. Le Burgman est plus limité dans ce domaine, pénalisé par un pare-brise plus étroit. Au final, cet écart de performance sur voie rapide est un élément primordial dans le choix en fonction de l’usage du scooter. Certes, le S-Wing et surtout le Burgman sont d’une rare efficacité en milieu urbain, mais d’un autre côté, le MBK est sans aucun doute le plus polyvalent, mais aussi le moins facile à prendre en mains.

Confort à bord
Si nos GT sont avant tout pensés pour le quotidien, ils procurent aussi un certain plaisir en conduite soutenue. Le Honda S-Wing est le plus convaincant à ce chapitre. À la fois vif, précis et rigoureux, il met son conducteur en confiance tout en offrant une efficacité de tous les instants et même un confort de selle et de suspensions remarquable. On apprécie également son freinage couplé, à la fois mordant et dosable, d’autant que l’ABS optionnel offre une garantie inégalable. Également équipé du freinage couplé, le Suzuki est aussi un bon freineur, mais le dosage s’effectue avec moins de précision. En outre s’il reste stable en toutes circonstances, le Burgman n’est pas aussi rigoureux que le Honda ou le MBK à vive allure. Et que dire du confort, le moins bon de notre trio. L’ensemble selle/suspension manque de souplesse et la différence se ressent rapidement. De son côté, le Skycruiser ne fait guère mieux au niveau de la selle, mais ses suspensions encaissent mieux les chocs. En revanche, son freinage se passe de toute assistance. En pratique, le MBK est donc moins bien équilibré au freinage. Et même si le frein avant est assez mordant, l’attaque semble moins franche que sur les deux autres. En revanche, sa tenue de route est satisfaisante.

Palaces roulants
Dernier critère de choix souvent déterminant chez les GT, l’équipement. À ce chapitre, nos trois GT ne sont pas tous logés à la même enseigne. La bonne surprise nous vient du Suzuki qui affiche une liste complète malgré son prix. Avec un coffre avalant deux casques intégraux, une vraie boîte à gants secondée par un vide-poches ou encore un crochet anti-effraction, le Burgman soigne ses occupants. Et même si l’instrumentation n’est pas la plus moderne, on y trouve tout de même toutes les informations utiles. De son côté, le Honda bénéficie également d’un bon niveau d’équipement. Son instrumentation est très élégante et regorge d’informations tandis que le porte-paquet est toujours utile. On admire aussi le matériau de la planche de bord très typée automobile avec une sorte de revêtement poussé. Seules déceptions, le coffre est le plus petit du trio et n’embarque qu’un casque intégral et quelques affaires, ainsi qu’une petite boîte à gants sans serrure. En revanche, il faut reconnaître que la finition est très soignée. Enfin, le Skycruiser est un peu moins bien fourni côté équipement. Le crochet accroche-sac brille par son absence tandis que le minuscule vide-poches n’accepte qu’un mince portefeuille. Heureusement, le MBK se rattrape par sa vaste soute à bagages qui accueille royalement deux casques intégraux et même un antivol U. Comme sur le Burgman, le compteur est assez simpliste dans sa présentation, mais reste plus complet et facilement lisible.

Honda S-Wing 125
3 990 €

Les points forts
Compromis Agilité/stabilité
Finition/instrumentation
Freinage

Les points faibles
Vitesse de pointe
Plancher court
Coffre moyen



Suzuki Burgman 125
3 399 €

Les points forts
Équipements
Vivacité moteur
Selle basse

Les points faibles
Confort selle/suspension
Protection
Instrumentation dépassée


MBK Skycruiser 125
3 990 €

Les points forts
Performance moteur
Volume Coffre
Polyvalence

Les points faibles
Position des pieds
Selle haute/prise en mains
Vide-poches minuscule

Les essais Solo :
MBK Skycruiser
Honda S-wing
Suzuki Burgman 125 K7
Conclusion
Globalement, nos trois GT se positionnent très clairement. D’un côté, le S-Wing et le Burgman se présentent comme deux GT à forte vocation urbaine. Très maniables et vifs à l’accélération, ils sacrifient cependant la vitesse de pointe pour mieux servir les purs citadins. La différence entre les deux modèles réside alors dans quelques détails ciblés. Le Suzuki met en avant son prix attractif, sa capacité de rangement et son moteur très efficace. Le Honda s’illustre par son confort de conduite, sa rigueur imperturbable, sa finition et son ABS optionnel. Vient enfin le Skycruiser (et le X-Max) qui s’affiche pour sa part comme un modèle plus périphérique aux villes. Moins à l’aise en utilisation urbaine pure, plus exigeant en pilotage, il s’adresse moins facilement au débutant, mais excelle sur parcours autoroutiers. Et si l’absence de freinage couplé est dommageable, bien peu de modèles peuvent revendiquer un tel niveau de performances, ce qui a sans doute participé à son succès. Quant à savoir lequel de ces trois modèles terminera l’année 2008 en tête des ventes, le Piaggio X7 pourrait bien mettre tout le monde d’accord...
Réaction(s) (5)
1 | écrit le mercredi 13 février 2008 à 09h27 par jeje_doudou
perso, j'ai choisi le s-wing dès sa sortie en juillet 2007, j'ai déjà 8200 km et aucun probleme, il est vif, preci et rapide, sécurisant et beau. On croirait un 400, vu la taille et le bruit de l'engin ! un regal !
merci honda pour ce scoot ! l'ABS que j'ai testé malheureusement deux fois, c'est avéré trés trés efficace et m'a évité deux beau carton
2 | écrit le mercredi 13 février 2008 à 10h50 par chveux
Un dossier intéressant, qui recouppe sensiblement les conclusions que j'avais moi-même tiré avant l'achat de mon scoot.
Un seul point n'apparaît pas très clairement : le coût à l'achat comme à l'entretien.
Perso 15 % de différence (600 Euro !), pour des prestations "à peu près" équivalentes (sauf vitesse de pointe pour le X-max et la qualité de finition pour le S-Wing, après chacun à ses priorités) ça joue un peu, non ?
3 | écrit le mercredi 13 février 2008 à 19h54 par Alain
j'ai un skycruiser depuis quelques mois j'en suis content. c'est mon 2eme scot après un skyliner et cela facilite la prise en main. ce que j'apprécie c'est le confort notemment avec ses grandes roues moins sensible sur mauvais revêtement que les petites et son moteur très souple et écomome environ 3,5 l.. le rangement important sous selle est aussi aprèciable pour faire quelques courses et cela évite un top case pas très esthétique à mon gout.
4 | écrit le jeudi 14 février 2008 à 14h43 par titeuf
Parlons en d'esthétique: honda à vraiment merder.C'est un avis purement personnel mais je trouve que le honda manque cruellement de charme, et choque un peu trop...
De plus la reprise du chassis du panthéon impose un coffre riquiqui, le réservoir idem et la boite à gant ne ferme pas à clef (super en ville !).Par contre chapeau pour l'abs.
5 | écrit le vendredi 15 février 2008 à 01h19 par Redondo
Article intéressant pour quelqu'un qui songe à remplacer son Panthéon 2004 de bientôt 25000km. Je constate que vous arrivez aux mêmes conclusions que moi concernant le S-wing : c'est un Panthéon relooké dont les 2 points faibles majeurs par rapport à la concurrence n'ont malheureusement pas été corrigés, à savoir une vitesse de pointe trop faible due essentiellement à son moteur 2 soupapes et un coffre ne permettant pas de loger 2 casques. Dommage pour un client Honda (2 roues et auto) entièrement satisfait par la fiabilité et le réseau, mais dont le prochain 125cc risque fort d'être un X-max, qui lui représente une réelle avancée par rapport à son prédécesseur.
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