Dossier
mis en ligne le : mercredi 05 septembre 2007
Sécurité : 3 roues contre ABS, la ville sûre.
Texte : Redaction scooter-infos | Photos : Mécamix

Préoccupation majeure de tout conducteur de scooter, la sécurité pousse les constructeurs à améliorer sans cesse leurs véhicules. Piaggio et son révolutionnaire MP3 en est l’exemple le plus concret, tout comme Peugeot qui fut le premier constructeur à proposer l’ABS sur un scooter 125. Dans les deux cas, les idées et les technologies sont différentes, mais la finalité est bien la même. Mais lequel de ces deux concepts est le plus sécurisant à l’usage, c’est ce que nous avons voulu savoir… Tests à l’appui.
Photos | Vidéo
Les concepts
Plus que deux modèles, ce sont véritablement deux philosophies qui s’affrontent. D’un côté, le Piaggio MP3 met en exergue son train avant doté de deux roues inclinables et indépendantes. Un système qui double la surface de contact au sol en gardant un comportement proche de celui d’un scooter. Cette version « Roll Lock » se distingue par son système de blocage des suspensions avant qui permet au trois-roues de tenir en équilibre à l’arrêt sans avoir à poser les pieds au sol. Pour le freinage, chaque roue dispose de son propre disque, tous deux couplés et actionnés par le levier droit, le levier gauche n’agissant que sur le frein arrière. De son côté, le Peugeot , le seul deux-roues 125 à proposer l’ABS dans sa version Executive avec le nouveau Honda S-Wing 125. Ce dispositif apporte une solution à un problème courant : la perte d’adhérence par blocage de roue. Pour se faire, la roue avant reçoit un capteur relié à un calculateur, lui-même couplé au dispositif de freinage. En cas de blocage, le calculateur ajuste automatiquement la pression exercée sur les plaquettes de frein pour conserver un freinage optimal sans bloquer les roues. Le système Peugeot possède ses spécificités. D’abord, seule la roue avant est équipée de l’ABS. Le système reste malgré tout efficace grâce à la présence du couplage avant et arrière (CBS) uniquement au levier gauche ; celui de droite ne servant que de secours. Lorsque l’on tire le levier gauche, les freins avant et arrière sont sollicités simultanément et l’antiblocage de la roue avant agit si necesssaire. Enfin, une pompe intégrée (PBS) optimise en permanence la pression du freinage pour améliorer l’instantanéité et la constance du freinage. Si nos deux scooters offrent des arguments différents, il n’en reste pas moins que la technologie est développée ici au profit de la sécurité, ce qui les rapproche inévitablement.
Tenue de route : avantage MP3
L’équilibre étant le principal facteur de risque en deux-roues, c’est la tenue de route que nous avons testée en premier lieu. Et de ce point de vue, il faut bien reconnaître que le MP3 est quasiment imbattable. Le Piaggio affiche ainsi sa sérénité avec un train avant, certes un peu lourd, mais dont la stabilité et la rigueur n’ont aucun équivalent chez les deux-roues. Si la maniabilité à faible allure en pâtit un peu, les deux roues avant encaissent les contraintes ou les imperfections de la route sans jamais les transmettre au conducteur, ce qui distille un sentiment de confiance incomparable. L’augmentation de la surface de contact au sol limite également l’appréhension sous la pluie où l’on peut incliner le scooter sans retenue. Beaucoup plus délicat, le deux-roues exige une attention de tous les instants. Il faut anticiper chacune des manœuvres, freiner lorsque le véhicule est en ligne, incliner le scooter sans forcer et calculer au plus juste sa trajectoire. Et même parfaitement exécutée, cette gymnastique ne procure en aucun cas le sentiment de confiance ressenti sur le MP3. Sous la pluie, les limites d’adhérence des pneumatiques sont difficiles à ressentir et la conduite devient vite hasardeuse. Alors bien sûr, certains rétorqueront qu’en utilisation plus intensive, le trois-roues nécessite davantage de retenue. D’abord parce qu’il a tendance à se redresser en entrée de virage lorsque l’on freine trop intensément en appui, mais aussi parce que son poids supérieur peut le pousser à extérioriser facilement en cas de mauvaise trajectoire, et enfin parce que son train avant à tendance à glisser légèrement lorsque l’on dépasse une certaine inclinaison sous la pluie. Il n’en reste pas moins que ces remarques sont justifiées lorsque l’on adopte une conduite sportive, ce qui n’est pas le cas de la plupart des conducteurs de scooters. En utilisation utilitaire courante, le trois-roues exige moins de concentration pour une décontraction totale. Et si le deux-roues est sans conteste le plus efficace et le plus serein à rythme élevé, il exige aussi davantage de vigilance au quotidien, une attention qui peut vite virer à la crispation quand les conditions s’aggravent.
Freinage : avantage Satelis
Phase de conduite la plus délicate en deux-roues, le freinage arrive en tête des préoccupations lorsque l’on évoque la sécurité. Pour départager le MP3 et le Satelis sur ce chapitre, nous avons donc effectué une série de tests, sur sol sec et humide. Précisons d’emblée que nos deux concepts se distinguent du reste de la production 125 à ce niveau. Le Peugeot se met ainsi en évidence avec son freinage ultra mordant (à la limite du brutal) qui surprend au premier abord. Mais très vite, on prend conscience que l’ABS est un formidable garde-fou. On peut tirer sur les leviers sans retenue et sans aucun risque de blocage. Le freinage est donc sécurisé et ultra efficace, au seul levier gauche (frein avant et arrière couplé) grâce à l’assistance. De son côté, le train avant du MP3 met incontestablement le conducteur en confiance. Lorsque l’on écrase le levier de frein avant, le débattement limité et la large surface de contact au sol offrent un freinage tout aussi impressionnant. Lancé à 50 km/h sur sol sec, c’est pourtant le Satelis qui prend l’avantage avec une distance d’arrêt de 6 m contre 6,40 m pour le MP3. Sur sol humide, les choses se corsent un peu. C’est dans ces conditions qu’il faut dissocier les notions d’efficacité (distance d’arrêt) et de sérénité (sentiment de confiance). Si le MP3 prend l’ascendant sur le Satelis en termes de distances d’arrêt, le freinage est pourtant moins rassurant. Le train avant avoue en effet sa tendance à glisser sur sol détrempé. Certes, avec deux roues, ces glisses intempestives sont un peu plus faciles à contrôler. Mais il n’en reste pas moins que le poids élevé du MP3 peut vite occasionner une chute. Au guidon du Satelis, le sentiment de sécurité sur sol humide est total, pour ne pas dire bluffant. En cas de freinage trop appuyé, l’ABS se déclenche et permet au scooter de finir sa course sans risque, et avec une distance d’arrêt à peine plus longue (+ 0,5 m en moyenne). Au final, c’est donc le Satelis qui remporte le match du freinage.
Vie à bord : égalité
À ce chapitre, le MP3 et le Satelis se valent plus ou moins, mais pas avec les mêmes armes. Si le Piaggio pêche par un espace réduit pour les jambes et une protection limitée avec son petit pare-brise, son système de blocage de suspensions (optionnel) est un gage de sécurité lors des arrêts. À l’approche d’un feu rouge, il suffit alors d’appuyer sur la fameuse commande pour que le trois-roues tienne en équilibre sur lui-même sans intervention du conducteur. Un système bien utile pour éviter les problèmes d’équilibre, en particulier pour les petits gabarits ou lorsque l’on évolue en duo. Autre point fort, le confort de suspensions est impressionnant et gomme totalement les imperfections et autres défauts de la route. Enfin, son coffre capable de loger deux casques et même des objets en longueur permet de se débarrasser de ses affaires pour une conduite plus décontractée. De ce côté-là, le Satelis fait jeu égal avec un grand coffre et même la possibilité d’embarquer un petit sac de voyage sur le plancher. Mais là où le Peugeot se met vraiment en évidence, c’est en matière de maniabilité dans le trafic urbain. Bien plus léger que le MP3, doté d’un train avant vif et d’un diamètre de braquage réduit, le GT français est un régal d’agilité en ville. Contrairement au MP3, les évitements de dernières minutes ne réclament aucun effort particulier. Autre atout, son pare-brise haut abrite le conducteur du vent, du froid et des intempéries, ce qui peut s’avérer sécurisant sur longs trajets. En revanche, il faudra s’accommoder du bruit de pompe récurant qui émane du dispositif de frein lorsque l’on tire sur les leviers, un peu agaçant à la longue.
Performances : avantage Satelis.
Il faut préciser que nos deux scooters du jour ne sont pas égaux en matière de performances moteur. Malgré son moteur Leader emprunté aux X8 et X9 et développant 15 chevaux, le Piaggio MP3 reste pénalisé par son poids élevé. Long à s’élancer, le Piaggio est également un peu moins rapide sur voies rapides avec une vitesse de 104 km/h réels. De son côté, le Peugeot Satelis est plus proche de la moyenne des GT 125 et même plutôt performant pour sa catégorie. Il s’élance avec panache et accroche un bon 115 km/h réels en vitesse de pointe. Cette différence significative en matière de capacité n’a pas vraiment d’influence directe sur la sécurité, si ce n’est d’offrir au Satelis la capacité de s’adapter plus facilement au flot de la circulation, que ce soit au démarrage en ville, ou bien dans un trafic roulant sur les autoroutes périurbaines. Reste à attendre la version bi-énergie du MP3 qui permettra de booster les accélérations avec une assistance électrique.
Tableau récapitulatif des mesures de freinage sur revêtement mouillé et sec.
Chacun à leur manière, le Piaggio MP3 et le Peugeot Satelis Executive apportent une réponse aux facteurs de risques les plus fréquents au guidon d’un deux-roues. Pour autant, chacun garde ses spécificités et touche à ce titre une clientèle différente. Le MP3 est sans aucun doute le scooter le plus rassurant du marché, à condition de ne pas en chercher les limites et de ne pas attendre de lui les mêmes capacités qu’un deux-roues traditionnel. Il se révèle ainsi comme l’outil idéal pour ceux qui n’ont aucune expérience, et qui cherchent un moyen de locomotion individuel à la fois rapide et sage. En contrepartie, les habitués du deux-roues auront vite tendance à arriver aux limites de l’engin. De son côté, le Satelis se montre à la hauteur de ses principaux concurrents GT côté agréments de conduite ou performances, tout en offrant un ABS remarquable d’efficacité. Un argument qui fera sans aucun doute l’unanimité chez les conducteurs de deux-roues expérimentés qui savent à quel point cette technologie peut se révéler utile en situation délicate. D’ailleurs un tiers des ventes de Satelis est avec ABS. Mais le Peugeot n’en reste pas moins un vrai deux-roues et réclame à ce titre une certaine expérience et une prudence de tous les instants au quotidien. Reste que le tarif du Satelis Executive (4 409 €) est nettement plus attractif que celui du MP3 avec une différence de plus de 1000 € en sa faveur. Affiché à 5 599 € avec l’option de blocage de suspension, le Piaggio est cher, mais se justifie pour un débutant, une fois passé le cap du gabarit. Mais dans cette fourchette de prix, les conducteurs les plus expérimentés seront peut-être davantage attirés par le fabuleux Satelis Compresseur dans sa livrée ABS (5 099 €), de quoi allier performance et sécurité pour un prix encore inférieur à celui du Piaggio.
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