Dossier
mis en ligne le : mercredi 23 mai 2007
3 scooters chinois à moins de 2 000 €
Texte : Charles-Antoine | Photos : Mecamix
De plus en plus présents dans nos rues, les scooters chinois sont proposés à des prix défiant toute concurrence. GT, sportif, grandes roues, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Mais que peut-on vraiment attendre de tels scooters, et les prestations offertes sont-elles suffisantes pour un usage quotidien ? C’est ce que nous avons mesuré avec nos trois scooters du jour que nous avons choisit dans pour leur diffusion dans des réseaux traditionnels disposant de SAV, ce qui est loin d’être une généralité dans le domaine du scooter chinois vendu en entrepôt ou uniquement par internet.
Keeway, CFM, Baotian, Linhai, Qinjqi, Zongshen, Jialing, Jonway… Ces noms ne vous disent peut-être pas grand-chose, mais ces marques chinoises ne cessent d’émerger dans nos villes avec des arguments de poids. Des scooters à bas prix, un niveau de finition et de motorisation de plus en plus acceptable, telle est la recette pour séduire un maximum de citadins en quête de véhicules avant tout utilitaire. Pour évoquer le « phénomène » chinois, nous avons donc choisi trois véhicules représentatifs de ce marché. Chacun appartient à une catégorie différente : le Keeway ARN est un sportif, le CFM E-Charm, un « grandes-roues » et le Linhai Monarch, un GT. Tous distribués en France par des importateurs « reconnus », ces trois scooters partagent un autre trait commun : leurs chiffres de vente ont grimpé en flèche cette dernière année.
D’emblée, on ne peut pourtant pas dire que notre trio impressionne par un excès de modernisme. Les lignes sont fortement inspirées de modèles que l’on a déjà pu croiser sur nos routes. Le Monarch souffre ainsi d’une silhouette véritablement démodée en reprenant les traits du Yamaha Majesty 250, apparu voilà plus de dix ans, en 1996. Le E-Charm et l’ARN adoptent respectivement les lignes du Honda SH 125 et du Honda X8 RS 50 qui leur donnent un air un peu plus contemporain. La peinture noire mate de l’ARN s’inscrit même dans une mouvance très actuelle tandis que la ligne générale du E-Charm plaît naturellement, en particulier aux femmes. Il n’en reste pas moins que la créativité ou l’innovation ne sont pas le fort des constructeurs chinois qui préfèrent s’inspirer ouvertement de modèles existants.
Côté équipements en revanche, nos trois scooters du jour sont largement fournis. Le E-Charm se distingue d’ailleurs sur ce chapitre. Son pare-brise haut, son plancher plat ou ses deux béquilles de série lui procurent les aspects pratiques d’un scooter urbain digne de ce nom. Mieux encore, l’alarme est couplée à un système de démarrage à distance qui permet de lancer le moteur sans toucher au scooter. Un gadget plus qu’autre chose me direz-vous ! Oui, mais qui a tout de même le mérite d’exister, surtout lorsque certaines marques plus connues proposent l’option aux alentours de 250 € (pose comprise). On regrette en revanche le faible volume du coffre qui accueille à peine un demi-jet, ainsi que le manque d’utilité du vide-poches, petit et mal conçu. Heureusement, le CFM se rattrape par une bonne finition.
Également bien équipé, le Monarch n’usurpe pas son statut de scooter GT. Dosseret conducteur et passager, kick de secours, boîte à gants, béquilles centrale et latérale, pare-brise, selle montée sur vérin pour l’accès au coffre (un casque jet), on trouve la panoplie du parfait gros porteur. Le Linhai a pourtant bien du mal à dissimuler son principal défaut. Sa piètre finition d’ensemble rappelle instantanément la provenance de ce scooter très éloigné des standards européens ou japonais. Pire encore, l’ajustement des plastiques est totalement négligé et la boîte à gants en est d’ailleurs le reflet. Non seulement cette dernière renferme un trou béant donnant sur l’extérieur et par lequel peuvent s’échapper les objets de petite taille, mais il faut en plus compter avec un jour d’un demi-centimètre au niveau de son couvercle. Voilà qui tenterait même les voleurs de finir le travail, si toutefois vos biens ne se sont pas déjà échappés par le trou en cours de route ! Linhai n’a pas non plus pensé à ceux qui ont des petites mains, les leviers de frein étant très éloignés des poignées et non-réglables. Bref, « beau de loin, mais loin d’être beau », la devise pourrait presque s’appliquer à ce Monarch, même si à 1990 euros, il reste (et de loin !) le GT 125 le plus abordable du moment. Un peu en retrait question équipements, l’ARN jouit toutefois d’une bonne finition d’ensemble. On y trouve un porte-bagages chromé et, comme sur le E-Charm, une alarme couplée à un système de démarrage à distance de série. Si le tableau de bord brille par sa simplicité, le Keeway ARN offre tout le nécessaire pour les besoins du conducteur, comme le kick de secours et le coffre qui loge un casque jet-écran. On lui reprochera cependant ses rétroviseurs de petite taille et d’une forme ovale qui ne facilitent pas la vision vers l’arrière. Quant à l’absence de pare-brise et de protection en général, elle tient finalement davantage à l’appartenance de l’ARN à la catégorie des sportifs qu’à autre chose.
De puissance quasi similaire, les motorisations offrent toutefois des sensations très différentes lorsque l’on passe d’un modèle à l’autre. Avec ses 135 kg, le Monarch hérite d’un moteur refroidi par air développant seulement 8,5 chevaux, ce qui le pénalise fortement sur voies rapides, bien dommageable pour un GT de ce gabarit. A première vue, le Linhaï donne l’impression qu’il peut avaler les kilomètres en zones périurbaines sans aucun problème, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Il affiche en effet une vitesse de pointe réelle de 81 km/h (95 km/h au compteur), et ses accélérations au démarrage ou en reprises manquent incontestablement de vivacité. Enfin, une fois sa vitesse de pointe atteinte, le moteur à 2 soupapes s’essouffle passé 95 km/h au compteur. Véritablement urbain, le CFM E-Charm possède pourtant un moteur bien plus polyvalent. Vif au démarrage, le monocylindre à refroidissement liquide (le seul de notre comparatif) apporte de bonnes reprises jusqu’à 70 km/h. Une fois les 85 km/h passés au compteur, le moteur délivre toutefois un étrange bruit de frottement émanant de la transmission, un peu énervant à la longue. Malgré une vitesse de pointe acceptable (90 km/h réels), le CFM reste avant tout conçu pour la ville. Autre inconvénient, toutefois majeur, le moteur à du mal à s’exprimer à froid où d’énormes trous à l’accélération empêchent le véhicule d’avancer, et 5 bonnes minutes sont nécessaires au E-Charm pour retrouver ses capacités. Pensez donc à bien faire chauffer ce moteur pendant trois ou quatre minutes avant de vous lancer dans la circulation. Enfin, l’ARN qui se veut sportif a été le plus surprenant de notre trio : son moteur procure de belles accélérations, sans aucun trou au démarrage, et d’assez bonnes reprises pour un moteur refroidi par air de 8,4 chevaux. Certes, les « petits » 105 kg du Chinois y sont évidemment pour quelque chose, mais l’ARN n’en reste pas moins le plus abouti de nos trois scooters en matière de motorisation. Il est à la fois le plus rapide à s’élancer grâce à une transmission très courte, mais aussi celui qui offre la meilleure vitesse de pointe avec 92 km/h réels mesurés. Alors certes ses performances sont encore loin d’un sportif européen, mais on s’en approche tout de même. Reste que globalement, nos trois Chinois partagent un trait commun facilement identifiable malgré leur différence de catégorie. Leurs moteurs sont clairement moins performants que la plupart de leurs homologues japonais, européens et même taïwanais ou coréens. Conception plus ancienne, bridage excessif pour s’affranchir des normes anti-pollution, les causes sont multiples, mais les conséquences incontestables, même si le phénomène est plus ou moins flagrant selon la marque ou le modèle choisie.
La question de la fiabilité mérite également d’être posée lorsque l’on évoque les produits « Made in China ». S’il est encore difficile de se prononcer formellement par manque de recul, il faut aussi savoir que la plupart des moteurs utilisés par les marques chinoises sont souvent repris d’anciens modèles japonais par le biais d’accords commerciaux ou moraux. Certes, les usines chinoises sont vraisemblablement moins pointilleuses au niveau des normes de tolérance ou des matériaux utilisés, mais techniquement, ces moteurs sont donc largement éprouvés et seule leur conception vieillissante peut éventuellement faire réagir. De plus, les marques chinoises bénéficient aussi d’une grande expérience grâce à leur vaste marché intérieur. Il faut savoir que certaines d’entre-elles affichent des chiffres de ventes de plusieurs millions d’unités par an, mais il est vrai que le client accepte de tomber en panne en Chine. Plus encore que la fiabilité, c’est surtout le problème de l’avant et de l’après-vente qui offre son lot d’incertitude en Europe. Montage et préparation des véhicules, vérification technique d’usage, stock de pièces détachées pour les pannes ou les garanties, toutes ces variantes dépendent finalement davantage de l’importateur français ou européen que du constructeur, même si celui-ci joue évidemment un rôle majeur (pour ne pas dire primordial) dans sa politique d’implantation européenne.
Là où nos trois scooters chinois nous ont le plus surpris, c’est au niveau du confort et de la maniabilité qu’ils offraient, une fois au guidon. Le Linhai Monarch propose par exemple une position de conduite agréable, les jambes allongées et les bras près du corps et écartés. Munie d’un dosseret réglable en profondeur, la selle est moelleuse et gomme judicieusement les imperfections de la route, ce qui n’est malheureusement pas le cas des suspensions avant et arrière, qui encaissent très mal les contraintes par manque de retenue hydraulique. Mais globalement, le Linhaï offre un agrément de conduite intéressant. En revanche, le manque de rigidité de l’ensemble altère également la tenue de route et le Monarch a vite fait de se désunir dans les grandes courbes abordées à vive allure. S’il n’est pas le plus agile de ce comparatif, il reste en revanche assez maniable pour un GT, un phénomène que l’on explique aisément par son poids réduit, sa faible hauteur de selle et ses roues de 12 pouces. Le freinage confié à deux disques (avant et arrière), s’en sort aussi avec les honneurs et distille un bon mordant. Chaussé de roues de 16 pouces, le E-Charm est d’emblée apprécié pour sa stabilité. Serein en virage comme à plus vive allure, il offre un confort de suspensions plus poussé que le Linhaï. Bien que le frein avant manque un peu de mordant, le CFM n’a pas de mal à stopper ses 124 kg. Le citadin aux grandes roues nous a également stupéfait, tant par sa maniabilité qui rend les déplacements urbains plaisants, que par son équilibre général qui facilite les manoeuvres à allure très lente (notamment pour slalomer plus facilement entre les voitures). Le pare-brise « intégral » offre un plus et permet d’emprunter avec sérénité les voies rapides. Il n’en va pas de même pour notre sportif. La protection est totalement inexistante, ce qui pénalise le confort de conduite à vive allure. En revanche, l’ARN se pourvoit de bonnes suspensions qui lui offre une tenue de route remarquable vu son origine. Et si leur fermeté ne joue pas toujours en faveur du confort sur routes dégradées, le Keeway reste le plus serein de nos trois scooters en virage. En outre, les masses sont bien réparties et l’ARN nous propose un diamètre de braquage très faible, idéal pour se faufiler lorsque les rues sont embouteillées. Enfin, le frein à disque avant muni d’un étrier à deux pistons opposés est puissant, si bien qu’il arrive presque à dissimuler le réel manque de mordant du tambour arrière, presque inutile.
Instructif à bien des égards, ce comparatif démontre une nouvelle fois que malgré leur origine commune, tous les scooters chinois ne sont pas à ranger dans le même panier. Si le Monarch adopte un gabarit de GT et offre un bon niveau de confort, n’oublions pas qu’il ne peut malheureusement pas affronter les grands trajets, ce qui est normalement le propre d’un véhicule de cette catégorie. Un paradoxe qui ne déplaira peut-être pas aux purs citadins qui recherchent le confort à un prix attrayant sans forcément parcourir de longues distances sur voies rapides. Il faudra tout de même accepter sa ligne dépassée et sa finition déplorable au quotidien qui constituent la contrepartie de son tarif si abordable. Proposé à 1 649 €, le sportif de chez Keeway est en revanche la bonne surprise de ce comparatif. L’ARN est sans aucun doute un scooter agréable pour la ville, et à qui l’on peut faire confiance si l’on souhaite se déplacer rapidement et efficacement. Sa légèreté, son moteur vif et sa tenue de route agrémentent son look de sportif. Enfin, le E-Charm finit par bien porter son nom. Doté d’une ligne séduisante et d’équipements bien pratiques pour les trajets quotidiens, son moteur manque tout juste d’un peu de panache et son coffre de volume pour satisfaire pleinement son conducteur. Il n’en demeure pas moins un des « grandes roues » 125 les plus abordables. Mais une chose est certaine, malgré leurs qualités ou leurs défauts, nos trois modèles du jour sont des valeurs sûres. Entendez par là qu’ils sont importés et distribués par des sociétés connues pour leur sérieux ; Vous serez donc assuré de disposer d’un réseau à votre écoute et de pièces en cas de problème, ce qui est loin d’être le cas lorsque l’on passe par des réseaux de ventes moins spécialisés. Quant à la qualité ou aux performances, il n’y a malheureusement pas beaucoup de surprise. Les scooters chinois proposent toujours des prestations en rapports avec leurs tarifs et ne tiennent en aucun cas la comparaison avec leurs homologues japonais ou européens.
Liens vers essais
CFM E-Charm 125
Keeway Arn 125
Linhai Monarch 125
Des lignes simples
D’emblée, on ne peut pourtant pas dire que notre trio impressionne par un excès de modernisme. Les lignes sont fortement inspirées de modèles que l’on a déjà pu croiser sur nos routes. Le Monarch souffre ainsi d’une silhouette véritablement démodée en reprenant les traits du Yamaha Majesty 250, apparu voilà plus de dix ans, en 1996. Le E-Charm et l’ARN adoptent respectivement les lignes du Honda SH 125 et du Honda X8 RS 50 qui leur donnent un air un peu plus contemporain. La peinture noire mate de l’ARN s’inscrit même dans une mouvance très actuelle tandis que la ligne générale du E-Charm plaît naturellement, en particulier aux femmes. Il n’en reste pas moins que la créativité ou l’innovation ne sont pas le fort des constructeurs chinois qui préfèrent s’inspirer ouvertement de modèles existants.
Démarrage à distance pour le E-charm
Côté équipements en revanche, nos trois scooters du jour sont largement fournis. Le E-Charm se distingue d’ailleurs sur ce chapitre. Son pare-brise haut, son plancher plat ou ses deux béquilles de série lui procurent les aspects pratiques d’un scooter urbain digne de ce nom. Mieux encore, l’alarme est couplée à un système de démarrage à distance qui permet de lancer le moteur sans toucher au scooter. Un gadget plus qu’autre chose me direz-vous ! Oui, mais qui a tout de même le mérite d’exister, surtout lorsque certaines marques plus connues proposent l’option aux alentours de 250 € (pose comprise). On regrette en revanche le faible volume du coffre qui accueille à peine un demi-jet, ainsi que le manque d’utilité du vide-poches, petit et mal conçu. Heureusement, le CFM se rattrape par une bonne finition.
Finition à revoir pour le Monarch
Également bien équipé, le Monarch n’usurpe pas son statut de scooter GT. Dosseret conducteur et passager, kick de secours, boîte à gants, béquilles centrale et latérale, pare-brise, selle montée sur vérin pour l’accès au coffre (un casque jet), on trouve la panoplie du parfait gros porteur. Le Linhai a pourtant bien du mal à dissimuler son principal défaut. Sa piètre finition d’ensemble rappelle instantanément la provenance de ce scooter très éloigné des standards européens ou japonais. Pire encore, l’ajustement des plastiques est totalement négligé et la boîte à gants en est d’ailleurs le reflet. Non seulement cette dernière renferme un trou béant donnant sur l’extérieur et par lequel peuvent s’échapper les objets de petite taille, mais il faut en plus compter avec un jour d’un demi-centimètre au niveau de son couvercle. Voilà qui tenterait même les voleurs de finir le travail, si toutefois vos biens ne se sont pas déjà échappés par le trou en cours de route ! Linhai n’a pas non plus pensé à ceux qui ont des petites mains, les leviers de frein étant très éloignés des poignées et non-réglables. Bref, « beau de loin, mais loin d’être beau », la devise pourrait presque s’appliquer à ce Monarch, même si à 1990 euros, il reste (et de loin !) le GT 125 le plus abordable du moment. Un peu en retrait question équipements, l’ARN jouit toutefois d’une bonne finition d’ensemble. On y trouve un porte-bagages chromé et, comme sur le E-Charm, une alarme couplée à un système de démarrage à distance de série. Si le tableau de bord brille par sa simplicité, le Keeway ARN offre tout le nécessaire pour les besoins du conducteur, comme le kick de secours et le coffre qui loge un casque jet-écran. On lui reprochera cependant ses rétroviseurs de petite taille et d’une forme ovale qui ne facilitent pas la vision vers l’arrière. Quant à l’absence de pare-brise et de protection en général, elle tient finalement davantage à l’appartenance de l’ARN à la catégorie des sportifs qu’à autre chose.
Des moteurs peu expressifs.
De puissance quasi similaire, les motorisations offrent toutefois des sensations très différentes lorsque l’on passe d’un modèle à l’autre. Avec ses 135 kg, le Monarch hérite d’un moteur refroidi par air développant seulement 8,5 chevaux, ce qui le pénalise fortement sur voies rapides, bien dommageable pour un GT de ce gabarit. A première vue, le Linhaï donne l’impression qu’il peut avaler les kilomètres en zones périurbaines sans aucun problème, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Il affiche en effet une vitesse de pointe réelle de 81 km/h (95 km/h au compteur), et ses accélérations au démarrage ou en reprises manquent incontestablement de vivacité. Enfin, une fois sa vitesse de pointe atteinte, le moteur à 2 soupapes s’essouffle passé 95 km/h au compteur. Véritablement urbain, le CFM E-Charm possède pourtant un moteur bien plus polyvalent. Vif au démarrage, le monocylindre à refroidissement liquide (le seul de notre comparatif) apporte de bonnes reprises jusqu’à 70 km/h. Une fois les 85 km/h passés au compteur, le moteur délivre toutefois un étrange bruit de frottement émanant de la transmission, un peu énervant à la longue. Malgré une vitesse de pointe acceptable (90 km/h réels), le CFM reste avant tout conçu pour la ville. Autre inconvénient, toutefois majeur, le moteur à du mal à s’exprimer à froid où d’énormes trous à l’accélération empêchent le véhicule d’avancer, et 5 bonnes minutes sont nécessaires au E-Charm pour retrouver ses capacités. Pensez donc à bien faire chauffer ce moteur pendant trois ou quatre minutes avant de vous lancer dans la circulation. Enfin, l’ARN qui se veut sportif a été le plus surprenant de notre trio : son moteur procure de belles accélérations, sans aucun trou au démarrage, et d’assez bonnes reprises pour un moteur refroidi par air de 8,4 chevaux. Certes, les « petits » 105 kg du Chinois y sont évidemment pour quelque chose, mais l’ARN n’en reste pas moins le plus abouti de nos trois scooters en matière de motorisation. Il est à la fois le plus rapide à s’élancer grâce à une transmission très courte, mais aussi celui qui offre la meilleure vitesse de pointe avec 92 km/h réels mesurés. Alors certes ses performances sont encore loin d’un sportif européen, mais on s’en approche tout de même. Reste que globalement, nos trois Chinois partagent un trait commun facilement identifiable malgré leur différence de catégorie. Leurs moteurs sont clairement moins performants que la plupart de leurs homologues japonais, européens et même taïwanais ou coréens. Conception plus ancienne, bridage excessif pour s’affranchir des normes anti-pollution, les causes sont multiples, mais les conséquences incontestables, même si le phénomène est plus ou moins flagrant selon la marque ou le modèle choisie.
La distribution en question
La question de la fiabilité mérite également d’être posée lorsque l’on évoque les produits « Made in China ». S’il est encore difficile de se prononcer formellement par manque de recul, il faut aussi savoir que la plupart des moteurs utilisés par les marques chinoises sont souvent repris d’anciens modèles japonais par le biais d’accords commerciaux ou moraux. Certes, les usines chinoises sont vraisemblablement moins pointilleuses au niveau des normes de tolérance ou des matériaux utilisés, mais techniquement, ces moteurs sont donc largement éprouvés et seule leur conception vieillissante peut éventuellement faire réagir. De plus, les marques chinoises bénéficient aussi d’une grande expérience grâce à leur vaste marché intérieur. Il faut savoir que certaines d’entre-elles affichent des chiffres de ventes de plusieurs millions d’unités par an, mais il est vrai que le client accepte de tomber en panne en Chine. Plus encore que la fiabilité, c’est surtout le problème de l’avant et de l’après-vente qui offre son lot d’incertitude en Europe. Montage et préparation des véhicules, vérification technique d’usage, stock de pièces détachées pour les pannes ou les garanties, toutes ces variantes dépendent finalement davantage de l’importateur français ou européen que du constructeur, même si celui-ci joue évidemment un rôle majeur (pour ne pas dire primordial) dans sa politique d’implantation européenne.
Maniables et confortables
Là où nos trois scooters chinois nous ont le plus surpris, c’est au niveau du confort et de la maniabilité qu’ils offraient, une fois au guidon. Le Linhai Monarch propose par exemple une position de conduite agréable, les jambes allongées et les bras près du corps et écartés. Munie d’un dosseret réglable en profondeur, la selle est moelleuse et gomme judicieusement les imperfections de la route, ce qui n’est malheureusement pas le cas des suspensions avant et arrière, qui encaissent très mal les contraintes par manque de retenue hydraulique. Mais globalement, le Linhaï offre un agrément de conduite intéressant. En revanche, le manque de rigidité de l’ensemble altère également la tenue de route et le Monarch a vite fait de se désunir dans les grandes courbes abordées à vive allure. S’il n’est pas le plus agile de ce comparatif, il reste en revanche assez maniable pour un GT, un phénomène que l’on explique aisément par son poids réduit, sa faible hauteur de selle et ses roues de 12 pouces. Le freinage confié à deux disques (avant et arrière), s’en sort aussi avec les honneurs et distille un bon mordant. Chaussé de roues de 16 pouces, le E-Charm est d’emblée apprécié pour sa stabilité. Serein en virage comme à plus vive allure, il offre un confort de suspensions plus poussé que le Linhaï. Bien que le frein avant manque un peu de mordant, le CFM n’a pas de mal à stopper ses 124 kg. Le citadin aux grandes roues nous a également stupéfait, tant par sa maniabilité qui rend les déplacements urbains plaisants, que par son équilibre général qui facilite les manoeuvres à allure très lente (notamment pour slalomer plus facilement entre les voitures). Le pare-brise « intégral » offre un plus et permet d’emprunter avec sérénité les voies rapides. Il n’en va pas de même pour notre sportif. La protection est totalement inexistante, ce qui pénalise le confort de conduite à vive allure. En revanche, l’ARN se pourvoit de bonnes suspensions qui lui offre une tenue de route remarquable vu son origine. Et si leur fermeté ne joue pas toujours en faveur du confort sur routes dégradées, le Keeway reste le plus serein de nos trois scooters en virage. En outre, les masses sont bien réparties et l’ARN nous propose un diamètre de braquage très faible, idéal pour se faufiler lorsque les rues sont embouteillées. Enfin, le frein à disque avant muni d’un étrier à deux pistons opposés est puissant, si bien qu’il arrive presque à dissimuler le réel manque de mordant du tambour arrière, presque inutile.
Encore un petit effort…
Instructif à bien des égards, ce comparatif démontre une nouvelle fois que malgré leur origine commune, tous les scooters chinois ne sont pas à ranger dans le même panier. Si le Monarch adopte un gabarit de GT et offre un bon niveau de confort, n’oublions pas qu’il ne peut malheureusement pas affronter les grands trajets, ce qui est normalement le propre d’un véhicule de cette catégorie. Un paradoxe qui ne déplaira peut-être pas aux purs citadins qui recherchent le confort à un prix attrayant sans forcément parcourir de longues distances sur voies rapides. Il faudra tout de même accepter sa ligne dépassée et sa finition déplorable au quotidien qui constituent la contrepartie de son tarif si abordable. Proposé à 1 649 €, le sportif de chez Keeway est en revanche la bonne surprise de ce comparatif. L’ARN est sans aucun doute un scooter agréable pour la ville, et à qui l’on peut faire confiance si l’on souhaite se déplacer rapidement et efficacement. Sa légèreté, son moteur vif et sa tenue de route agrémentent son look de sportif. Enfin, le E-Charm finit par bien porter son nom. Doté d’une ligne séduisante et d’équipements bien pratiques pour les trajets quotidiens, son moteur manque tout juste d’un peu de panache et son coffre de volume pour satisfaire pleinement son conducteur. Il n’en demeure pas moins un des « grandes roues » 125 les plus abordables. Mais une chose est certaine, malgré leurs qualités ou leurs défauts, nos trois modèles du jour sont des valeurs sûres. Entendez par là qu’ils sont importés et distribués par des sociétés connues pour leur sérieux ; Vous serez donc assuré de disposer d’un réseau à votre écoute et de pièces en cas de problème, ce qui est loin d’être le cas lorsque l’on passe par des réseaux de ventes moins spécialisés. Quant à la qualité ou aux performances, il n’y a malheureusement pas beaucoup de surprise. Les scooters chinois proposent toujours des prestations en rapports avec leurs tarifs et ne tiennent en aucun cas la comparaison avec leurs homologues japonais ou européens.
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CFM E-Charm 125
Keeway Arn 125
Linhai Monarch 125
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