Jean-Luc Nevache rencontre la presse deux-roues
Jean-Luc Nevache, le Délégué interministériel à la sécurité routière, a convié la presse deux-roues à un déjeuner informel pour débattre de l'accidentologie de ce moyen de transport, qui représente encore un quart des tués sur les routes, et demeure l'un des axes majeur de son action avec la lutte contre l’alcool au volant.
La mortalité à deux-roues est plus élevée en France qu'en Angleterre ou en Allemagne. Les causes en sont assez clairement identifiées, mais aucune solution ne saute pour autant aux yeux, et l’on comprend la tâche difficile qui incombe à cet ex-préfet de Corse. Venu à moto avec son gilet airbag, conduit par Pascal Dunikowski, le Chargé de mission deux-roues motorisé à la Direction de la sécurité routière, M. Nevache affirme que l’équipement des utilisateurs de deux-roues sera l'une des priorités pour réduire les conséquences d’un accident.
Le Délégué interministériel a parfaitement intégré que le scooter 125 et le scooter trois-roues sont des engins moins dangereux, avec des risques plus proches de ceux de l’automobile que de la moto. Nous devrions donc voir prochainement quelques aménagements en leur faveur, comme la réciprocité 125 cm3 <> trois-roues L5e, qui permettrait de passer de l'un à l'autre sans avoir à suivre la formation de 7 heures, contrairement à ce qui prévaut aujourd'hui selon la lettre de l'arrêté du 17 décembre 2010. Le décret portant correction de ce point particulier serait prêt, et ce ne serait plus qu’une question de délais administratifs… On parle d'une publication au JO d'ici quelques semaines, peut-être avant la fin de l'année 2011.
Remontée de files légalisée prochainement
De même, le Délégué est ouvertement en faveur de la légalisation de la remontée de files : « Nous attendons les premiers retours de la Belgique qui vient de légaliser cet usage. Ce sera plus facile de contrôler les pratiques dans un cadre réglementaire précis, dont l'un des aspects sera l'autorisation de remonter les files entre les deux dernières files de gauche, en dessous de 50 km/h et avec un différentiel maximum de 20 km/h avec les voitures. » Cela évitera peut-être que certains motards ne considèrent cette voie comme une autoroute prioritaire… Jean-Luc Nevache rappelle également que «les motards n’ont pas une bonne image parmi les automobilistes et la remontée de files est mal perçue par une majorité. Nous avons donc un travail éducatif à réaliser sur le partage de la chaussée et le respect des autres. »
S'agissant des 50 cm3, le bridage de la vitesse à 45 km/h par construction semble figé, car c’est une limite européenne. En revanche, le contrôle technique ne semble plus une priorité pour les 50 cm3 et serait abandonné pour les plus grosses cylindrées.
Réduire les tués en grosses cylindrées
Finalement, M. Nevache reconnaît que le travail doit porter en priorité sur la pratique moto de grosse cylindrée, le week-end et en rase campagne. Un usage de loisir et occasionnel, qui souligne que le manque de pratique et une trop grande confiance en ses capacités sont souvent la cause des accidents, plus que le manque de formation. Les tués à moto ne sont pas principalement des jeunes, comme on peut le voir en automobile (21 % des tués ont moins de 25 ans). Pas de solution toute faite, mais une réflexion que nous devons tous mener si l’on ne veut pas subir une répression encore plus forte, quelle que soit l’issue des prochaines élections.
M. Nevache a donné rendez-vous au Salon de Paris, où il devrait annoncer les résultats et les mesures issues de la concertation deux-roues motorisé, qui s'est tenue en automne.



