Marche scooter 2010 : les Chinois à l'arrêt
En 2007, nombreux étaient les professionnels qui craignaient une déstabilisation du marché scooter sous les assauts des déferlantes de conteneurs made in China. L'analyse des statistiques d'immatriculation 2010 illustrent une réalité bien différente : les marques européennes et japonaises ont trouvé des parades efficaces et les prétendantes de l'Empire du Milieu vont devoir batailler pour s'installer durablement en France. Explications.
Jonway enclenche la... marche arrière
Le cas de la marque Jonway est emblématique de la situation actuelle. Son JS120, un GT low-cost, a fait les beaux jours de certains grossistes opportunistes passés depuis à la commercialisation d'autres types de produits. En 2009, il se trouvait en 6ème position derrière le Honda S-Wing ventes de 2-roues motorisés en France. Ses ventes ont fondu de 53% en 2010.
Vous allez dire qu'on se répète mais il y a un peu de phénomène PCX derrière cette contre-performance. Comme Piaggio et Peugeot sur le segment des petits scooters urbains, Honda propose maintenant un modèle citadin plutôt valorisant à un tarif très attractif. Les constructeurs chinois payent maintenant le faible intérêt qu'ils ont eu pour la mise en place de réseaux de distributions spécialisés, lancés dans une logique de volumes à court-terme.
Keeway et Lifan roulent sur des cendres
Les dégâts occasionnés sur l'image des produits seront durables car outre les utilisateurs, les professionnels les plus efficaces ne semblent guère enclins à abandonner les marques taiwanaises au profit d'enseignes chinoises. Alors même que des marques comme Keeway et Lifan tentent de s'implanter en catégorie 125 en affinant leur gamme sans négliger d'offrir des marges financières attractives aux concessionnaires, elles doivent rouler sur les cendres de prédécesseurs moins persévérants.
Keeway (groupe Qianjiang, également propriétaire de Benelli) et Lifan dont l'activité 2-roues est soutenue par les divisions automobile et industrielle, ont implanté des filiales dans notre pays. Pour autant, le succès se fait attendre en catégorie 125 puisque la première a vu ses ventes plonger de 52% (motos incluses).
En 2010, la seconde nous a présenté le premier GT125 moderne venu de Chine, le e-Space. Ce clone de Yamaha X-Max millésime 2009 n'a séduit que 128 utilisateurs, loin des attentes initiales.
Game Over ?
Malgré tout, l'année 2011 pourraient bien présenter de nouvelles opportunités de progression pour ces deux marques. En effet, l'e-Space verra arriver le Silverblade, le GT125 de Keeway. Tous deux restent placés autour de 2 500 euros alors même que les ténors du segment vont voir leurs tarifs augmenter progressivement sans modification majeure. Mais au-delà des produits, de leurs atouts comme de leurs faiblesses, c'est bien sur l'image de marque que devront porter les efforts chinois cette année.

D’autres statistiques pourraient également nous informer sur les conditions de reprises de ces mêmes produits chinois par les professionnels du secteur et/ou vente entre particuliers.
Il semblerait à la lecture de votre article, que la majorité des consommateurs que nous sommes a bien analysé la problématique d’un achat chinois ; ce qui expliquerait la forte baisse des ventes.
Il y a fort à parier que le coût de la formation à la conduite d’un 125 cm3 devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2011, mette un coup d’arrêt aux achats compulsifs à destination de produits à priori intéressants, mais de médiocre qualité !


