Bilan Sécurité routière 2009 : mortalité des 2RM en hausse, mais...
Le titre est explicite : en 2009, le nombre de tués en deux-roues motorisés est en hausse de 12 % pour les motocyclistes (125 cm3 et plus), avec 888 tués contre 795 en 2008, et de 3 % chez les cyclomotoristes (50 cm3), avec 299 tués contre 291 en 2008. Certes, ce n’est pas très réjouissant, mais l’on ne peut que le constater et s’en désoler, d’autant que la mortalité générale sur les routes, elle, est en baisse si l’on ne tient pas compte des 2RM (3189 contre 3086 en 2008, soit – 3,2 %)…
Autre constat alarmant pour les autorités, la part des 2RM dans la mortalité routière est passée de 25 % en 2008 à 28 % en 2009. Et la DSCR d’enfoncer le clou, en précisant que les 2RM ne représentent que 2 % du trafic routier (sachant que ce taux n’indique pas la proportion en nombre de véhicules mais en kilomètres parcourus).
Bon, il n’est pas la peine de se voiler la face, ce bilan est plus que défavorable aux 2RM. Cependant, il est bon d’apporter quelques éléments qui expliquent la logique statistique de cette hausse, indépendamment des facteurs de vitesse excessive et d’alcoolémie dont feraient preuve les usagers 2RM, notamment à moto, selon la DSCR.
Le syllogisme est simple :
- d’une part les 2RM parcourent en moyenne de plus courtes distances que les autres véhicules (4000 km/an en moyenne pour les motos de grosse cylindrée, source l’Officiel du Cycle) et les 2RM sont aujourd’hui majoritairement utilisés comme utilitaires au quotidien dans les zones urbaines,
- d’autre part, selon les assureurs, la majorité des accidents ont lieu dans un rayon de 15 km autour du domicile sur le trajet habituel du travail,
- or selon les estimations de l’Inrets et de l’Officiel, le nombre de 2RM est passé de 2 460 000 en 2004 à 3 532 000 en 2009, sachant que cette augmentation se concentre principalement dans les gros centres urbains (Ile-de-France ; PACA ; Lyon ; Bordeaux)
- donc il est flagrant que l’augmentation du nombre de tués à motos ou à cyclo suive la courbe croissante du nombre d’usagers des 2RM, notamment en ville, comme la DSCR le reconnaît en ce qui concerne les cyclistes…
Cependant, les premiers chiffres de 2010 sont encourageants : la part des 2RM dans la mortalité routière est passée de 29 % sur les 6 premiers mois 2009 à 24 % sur la même période cette année.
Les moyens mis en place par le gouvernement pour enrayer la progression du nombre de tués en 2RM consistent principalement à démultiplier le nombre de contrôles routiers ciblant ces usagers. Est-ce la bonne solution ? Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, réclamait vendredi dernier dans le Parisien un contrôle « systématique et ciblé des motards »…



