Homologation CE : des casques jet pas aux normes ?
C'est une association de consommateurs italienne, Altroconsumo, qui nous met la puce à l'oreille : selon eux, la moitié des casques de type jet actuellement commercialisés de part et d'autre des Alpes pourrait ne pas être aux normes CE.
En Europe, nos casques jet, intégraux et modulables, sont soumis à l'homologation CE. Celle-ci prévoit une série d'exigences techniques comme le test d'absorption des chocs, le test du déchaussement, celui du dérapage au sol ou encore de l'écran ainsi que de la rétention de la sangle jugulaire. Censée nous garantir un niveau de sécurité optimal, cette législation est-elle appliquée ? Selon Altroconsumo, un organisme reconnu en Italie, 8 casques sur 15 modèles testés dans un laboratoire certifié auraient été recalés.
Allant plus loin, l'association a fait suivre son rapport au ministre italien des Transports en posant la question de la sécurité des utilisateurs. Parmi les modèles ayant échoué, certains proviennent des plus grandes marques et non pas des marques de "grande surface" comme on pourrait l'imaginer. Néanmoins, il serait inutile de paniquer. En effet, ce rapport coup-de-poing ne précise pas le détail des éléments à l'origine de ces résultats.
L'année dernière, Altroconsumo avait réalisé une campagne de tests équivalente avec des casques intégraux. A l'époque, les manufacturiers pointés du doigt avaient réagi par une contre-expertise aux conclusions diamétralement opposées. En conséquence, certaines marques incriminées doutent de la pertinence du nouveau rapport et de la compétence des opérateurs ayant effectué les tests. Le fabricant Premier va plus loin et propose une contre-expertise à ses frais, en présence d'un technicien de la société. En France, à l'occasion du "Grenelle" du deux-roues, il a été suggéré de revoir sérieusement l'homologation de ce type de casques dans un avenir proche.
En admettant que les manipulations n'aient pas été menées dans le strict respect du protocole d'homologation, cette polémique incite tout de même à s'interroger sur le rapport entre les tests en laboratoire et l'efficacité en conditions réelles.


